A la recherche de la glace la plus ancienne sur Terre

Publié le 20.12.2016 - Communiqué de presse du CNRS-INSU

Pourquoi le rythme des glaciations s’est-il brusquement ralenti il y a environ un million d’années ? Pour répondre à cette question et ainsi mieux anticiper l’évolution climatique future, un consortium de chercheurs issus de 14 institutions, parmi lesquelles le CNRS et l’IPEV pour la France, s’est mis en quête d’une glace vieille d’au moins 1,5 million d’années. Financé à hauteur de 2,2 millions d’euros sur trois ans dans le cadre du programme européen H2020, ce projet vise à localiser, en Antarctique, un site permettant de remonter plus loin dans le temps que 800 000 ans, âge maximal de la glace extraite lors du forage EPICA réalisé à Dôme C. Les études commenceront dès cette année durant l’été austral, dans deux régions de l’Antarctique, à proximité du dôme Fuji et de la base Concordia. Les équipes françaises y testeront une sonde inédite qui date la glace en temps réel, sans nécessiter de carottage.

Trouver en Antarctique de la glace vieille d’au moins 1,5 million d’années, tel est l’objectif du projet “Beyond EPICA – Oldest Ice“ (BE-OI). Coordonné par l’institut Alfred Wegener en Allemagne, il implique au premier plan le CNRS et l’IPEV. Extraire une carotte de glace aussi ancienne permettrait d’élucider l’un des mystères de la paléoclimatologie. En effet, il y a environ un million d’années, le climat de la Terre a subi un changement de rythme majeur. « À ce jour, nous ne savons toujours pas pourquoi la périodicité des cycles glaciaire-interglaciaires a considérablement changé autour de 900 000 à 1 200 000 ans avant notre ère », précise Jérôme Chappellaz, directeur de recherche au CNRS, représentant l’organisme au sein du consortium BE-OI et responsable d’un des groupes de travail. Alors que les glaciations survenaient tous les 40 000 ans environ, leur fréquence est descendue à une tous les 100 000 ans, comme en témoignent les sédiments marins. Mais le déroulement et les causes de cette modification demeurent énigmatiques, et le resteront sauf si les scientifiques parviennent à disposer de glace datant de cette époque.

Grâce aux carottes de glace, les scientifiques peuvent obtenir une multitude d’informations sur le fonctionnement du système climatique terrestre, dont l’évolution des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Seules ces archives glaciaires permettent de renseigner directement la composition de l’atmosphère par le passé et donc d’évaluer le rôle joué par les gaz à effet de serre lors de cette transition climatique majeure...

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