Dérèglement climatique : fort déclin des oiseaux qui se reproduisent en Arctique

Publié le 10.12.2018 - Article du 11/11/2018 sur Atlantico (avec David Bismuth)

La zone arctique n’est plus endroit où les oiseaux qui d’ordinaire s’y reproduisaient peuvent construire leurs nids sans danger. Selon une nouvelle étude, cela pourrait conduire à l’extinction de certaines espèces

Atlantico : La zone arctique n’est plus endroit où les oiseaux qui d’ordinaire s’y reproduisaient peuvent construire leurs nids sans danger. Selon une nouvelle étude de l’université de Bath, au Royaume-Uni, cela pourrait conduire à l’extinction de certaines espèces. Quelle importance revêt la zone arctique pour ces oiseaux ?

David Bismuth : L’Arctique est une zone importante de nidification pour beaucoup d’oiseaux qui nichent dans les zones humides (tourbières, marais..) de la toundra et de la taïga comme les limicoles (bécasseaux, pluviers, chevaliers..), les oies (Oies des moissons, à bec court, Bernaches cravant et nonnette...) ou les plongeons (arctique, catmarin..). Les labbes (pomatin, parasite, Grand Labbe) et la Sterne arctique se reproduisent dans la toundra côtière. La forêt boréale est le domaine de plusieurs passereaux migrateurs, comme le Pinson du Nord. Enfin, les falaises et les îles de l’Arctique accueillent de grandes colonies d’oiseaux marins (Guillemots de Troïl, de Brünnich et à miroir, Pingouin torda, Mergule nain...). Tous ces oiseaux sont migrateurs car ils ne peuvent plus trouver leur nourriture en hiver.

Atlantico : Pour quelles raisons cette zone est-elle menacée ? Le changement climatique est-il seul en cause ?

David Bismuth : Le réchauffement climatique peut modifier la structure de leur habitat : par exemple, on constate une progression de la taïga au profit de la toundra. La pollution et les destructions liées à l’extraction pétrolière peuvent aussi constituer des problèmes. La surpêche affecte les colonies d’oiseaux marins. La hausse moyenne des températures, en modifiant la consistance la couche de neige, pourrait modifier la biologie des lemmings, de petits rongeurs dont se nourrissent certains prédateurs comme les labbes, le Harfang des neiges, la Chouette lapone ou la Buse pattue...

Lire sur Atlantico la suite de l’interview de David Bismuth d’Ornithomedia, portail d’information sur l’étude et l’observation des oiseaux