Des robots pour mieux comprendre la floraison du phytoplancton

Publié le 23.01.2018 - Communiqué de presse du CNRS - INSU

La floraison du phytoplancton est un des facteurs les plus importants de l’efficacité de la pompe de carbone dans l’océan Atlantique Nord. Pour mieux comprendre ce phénomène, le projet ERC remOcean, mené par des chercheurs du Laboratoire d’océanographie de Villefranche (CNRS/Sorbonne Université), a développé une nouvelle classe de robots : les flotteurs-profileurs biogéochimiques, premiers robots capables de récolter des données dans l’océan tout au long de l’année. Grâce à ces données uniques, les chercheurs ont identifié le point de départ de l’explosion printanière du phytoplancton. Leurs résultats font l’objet de deux articles publiés dans Nature Geoscience et Nature Communications

L’océan Atlantique Nord situé au-dessus du 50e parallèle nord est un des puits de carbone les plus efficaces au monde. Bien que représentant moins de 1,5% de la superficie de l’océan, il capte environ 20% du CO2 séquestré par les océans. Ses eaux très froides en surface et des conditions météorologiques relativement extrêmes en hiver permettent de capturer efficacement le CO2 présent dans l’atmosphère. En parallèle, les floraisons (ou « blooms ») de phytoplancton – un micro-organisme végétal qui transforme le carbone minéral présent dans l’océan en carbone organique via la photosynthèse – contribuent également à la captation du CO2 et à son exportation éventuelle vers les profondeurs de l’océan...

... Pour mieux comprendre les conditions favorables à la floraison du phytoplancton, les chercheurs du Laboratoire d’océanographie de Villefranche (CNRS/Sorbonne Université) ont déployé des robots appelés « flotteurs-profileurs biogéochimiques » dès 2012-2013. Ces robots - qui naviguent entre la surface et 2 000 mètres de profondeur - ont permis de mesurer des données jamais récoltées sur un cycle annuel complet : non seulement la profondeur, la température et la salinité des eaux, mais aussi l’intensité lumineuse, la densité des particules en suspension, la concentration en chlorophylle (indicateur de la présence du phytoplancton), et celle en oxygène...

... le projet ERC remOcean a contribué à amorcer un programme international d’observation robotisée de la biogéochimie océanique, Biogeochemical-Argo2, lancé en 2016. Son ambition à moyen terme est d’opérer 1 000 flotteurs-profileurs afin de prendre en permanence le « pouls » de la vie marine océanique et sa sensibilité aux perturbations climatiques.

Lire l’article dans son intégralité sur le site du CNRS-INSU