En Arctique, les oiseaux marins s’adaptent aux changements climatiques actuels

Publié le 16.05.2012 - Communiqué de presse de l'INEE

La planète se réchauffe, particulièrement au niveau des pôles. Comment les organismes réagissent-ils face à cette hausse des températures ? Une équipe internationale menée par un chercheur CNRS du Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive vient de mettre en évidence que les mergules nains, les oiseaux marins les plus abondants de l’Arctique, adaptent leur comportement de pêche en fonction du réchauffement actuel des eaux de surface en mer du Groenland. Leurs taux de reproduction et de survie ne sont pour l’instant pas affectés. Un réchauffement plus important pourrait néanmoins menacer cette espèce. Ces travaux sont publiés le 21 mai 2012 dans la revue Marine Ecology Progress Series. Ils ont notamment bénéficié des soutiens de l’Institut polaire français (IPEV) et d’un programme américano-norvégien.

Les mergules nains figurent parmi les plus petits des oiseaux marins (150 g) et les plus abondants en Atlantique nord (40 à 80 millions). Ils peuplent les côtes rocheuses du Groenland et du Spitzberg. Pour se nourrir et alimenter leur poussin, ils se sont spécialisés dans la pêche aux copépodes, des petites crevettes planctoniques, dont ils capturent jusqu’à 65 000 individus par jour. Ils recherchent les zones de courants froids et évitent les eaux plus tempérées. En effet, les eaux glaciales qui descendent de l’océan Arctique par le détroit de Fram, entre le Groenland et le Spitzberg, abritent un copépode arctique de grande taille, Calanus hyperboreus, très riche en graisse. Une autre espèce de copépode, C. finmarchicus, se développe dans les eaux plus tempérées, mais elle est plus petite et surtout moins énergétique. Les mergules, de par leur régime alimentaire spécialisé et leurs besoins alimentaires élevés, constituent un indicateur fiable pour tester l’impact des changements climatiques dans cette région...

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