Il a fait plus chaud en Arctique qu’en Europe : pourquoi ?

Publié le 09.03.2018 - Article de Xavier Demeersman du 28/02/2018 sur Futura

Au moment où s’installe le glacial «  Moscou-Paris  » sur l’Europe de l’Ouest, les températures en Arctique sont extraordinairement élevées. Le phénomène est de plus en plus fréquent et intense dans cette région où, pourtant, le Soleil ne se lèvera pas avant mars

Une vague de froid qui traverse l’Europe et la France... il n’y a là rien d’exceptionnel. Le phénomène n’est en effet pas si rare, expliquent les météorologues et les températures négatives enregistrées ces jours-ci — dont l’effet est surtout accentué par le vent, la température ressentie — ne devraient pas battre les précédents records, même si elles sont quelques degrés sous les normales saisonnières. Certes, certaines images sont inhabituelles comme le Colisée de Rome sous la neige, le Vésuve et Naples blanchis ou, plus près de nous, la Côte d’Azur et la Corse sous un manteau blanc... comme si tous ces sites de la douce Méditerranée avaient été pétrifiés par une tempête arctique. En tout cas, rien d’aussi remarquable que la «  vague de chaud  » qui traverse en ce moment le pôle Nord.

Les températures en Arctique enregistrées ce mois de février 2018 sont en effet anormalement élevées pour la saison. Plusieurs fois, elles ont dépassé 0 °C, et ce durant plus de 24 heures ; le 24 février, il faisait 6 °C au cap Morris Jesup, au Groenland, où se trouve la station météo la plus au nord du monde, alors que les thermomètres devraient plutôt afficher -25 ou -20 °C en cette période. Les écarts de température par rapport aux normales saisonnières sont très importants, d’environ 15 ° C

Changement climatique : un point de non-retour pour la banquise

Peut-on y voir un symptôme du réchauffement climatique en cours  ? Les données vont dans ce sens. Pour la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration), la région est aux avant-postes du changement climatique : «  L’Arctique se réchauffe deux fois plus vite que n’importe quelle autre région du monde  ». Dans son bulletin annuel de décembre 2017, l’agence américaine déclarait que l’Arctique «  ne montre aucun signe de retour  » par rapport aux décennies passées. Il semble que nous ayons franchi le point de non-retour — on s’en approche aussi pour la limitation de la température globale à 2 °C. Nous ne reverrons plus d’aussi grandes banquises qu’il y a quarante ans...

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