La sismologie pour ausculter les pertes des glaciers des calottes polaire, lors du vêlage d’icebergs

Publié le 08.03.2016 - Communiqué de l'INSU

L’évaluation et la caractérisation des forces mises en jeu lors du vêlage d’icebergs est primordiale pour comprendre les processus dynamiques alors à l’oeuvre et quantifier les pertes de masse aux glaciers des calottes polaires. En combinant un modèle de source inversé des données sismiques et des images filmées d’un vêlage d’icebergs au terminus du glacier Jakobshavn Isbrae (Groenland Ouest), une équipe de chercheurs de l’Institut de physique du globe de Paris (CNRS, Paris Diderot, Cité Parsi Sorbonne), de l’ENSAM (CNRS) et de l’ETH Zurich révèlent les sources et mécanismes à l’origine de la sismicité, et montrent le potentiel de la sismologie pour l’étude de la dynamique des calottes polaires. Cette étude est publiée dans la revue Geophycical Research Letters (4 février).

L’élévation de la température globale de la Terre, et en particulier des océans, menace directement le bilan de masse des calottes polaires. L’accélération de l’amincissement et du retrait des glaciers côtiers sont la démonstration des changements rapides affectant la calotte à l’échelle du Groenland. Le retrait s’accompagne de la désintégration des langues de glace flottantes et le vêlage d’icebergs colossaux, dont le taux a considérablement augmenté ces dix dernières années. La connaissance des processus et taux de vêlage est particulièrement importante pour évaluer leur impact sur la perte de masse et la dynamique des glaciers émissaires et plus généralement quantifier leur contribution à l’augmentation du niveau des mers. Les vêlages d’icebergs génèrent des séismes dits glaciaires, de magnitudes comprises entre 3 et 5. Ces icebergs ont un volume colossal pouvant aller jusque plusieurs dizaines de millions de mètres cubes. Une fois détachés du front du glacier et en instabilité gravitaire, ils se retournent lentement contre le terminus...

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