Le changement climatique affectera les courants marins profonds en Atlantique nord

Publié le 14.01.2019 - Communiqué de presse du CNRS du 22/10/2018

Le dernier rapport du GIEC montre l’urgence de réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Un article publié dans Nature Climate Change confirme cette nécessité, avec des prévisions sur les courants marins profonds en Atlantique Nord à l’horizon 2100. Une publication du Laboratoire d’océanographie physique et spatiale (LOPS – UBO/CNRS/IRD/ Ifremer)

La région Atlantique nord est un secteur crucial pour l’étude des courants marins : le courant Nord Atlantique, issu du Gulf Stream, y apporte une eau de surface plus chaude que les eaux environnantes. En se refroidissant dans cette zone subpolaire, l’eau devient plus dense. Elle finit par pénétrer en profondeur.

Cette convection est l’un des piliers du « tapis roulant » océanique qui redistribue la chaleur entre les zones polaires et équatoriales, avec une forte influence sur le climat mondial. C’est elle qui explique par exemple pourquoi notre climat ouest-européen est en moyenne 5°C plus chaud qu’en Amérique de l’Est, à latitude égale. À l’heure actuelle, elle se produit à 80% dans la zone subpolaire entre le nord de l’Écosse, le Groenland et le nord du Canada. La publication de Nature Climate Change permet une projection de cette convection profonde dans un monde où les niveaux de CO2 seraient multipliés par 4 par rapport à l’époque préindustrielle. Un scénario qui pourrait se produire peu après 2100 si les rejets d’origine humaine se poursuivent dans la même tendance qu’aujourd’hui.

Les simulations montrent d’une part que ce tapis roulant va être fortement grippé, avec un courant réduit de moitié par rapport à la période préindustrielle. D’autre part, les régions où les eaux profondes se forment vont être complètement redistribuées : la moitié de la formation interviendra sous les tropiques et un tiers en Arctique...

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