Le paradoxe de la formation de la calotte polaire résolu

Publié le 03.09.2013 - INSU-CNRS - 02/09/2013

Le début de la dernière période glaciaire s’est caractérisé dans l’hémisphère nord par une forte accumulation de neige aux hautes latitudes et la formation d’une immense calotte polaire. Ceci constituait un paradoxe pour les climatologues. En effet, les chutes de neige sont toujours associées à une forte humidité et à des températures relativement modérées. Une équipe française coordonnée par María-Fernanda Sánchez-Goñi, chercheur au laboratoire Environnements et paléoenvironnements océaniques et continentaux (CNRS / Universités Bordeaux I & IV)(1) vient de résoudre ce paradoxe. En analysant des carottes de sédiments datant d’il y a 80 000 à 70 000 ans, les chercheurs ont montré qu’au cours de cette période, la température des eaux du golfe de Gascogne est restée relativement élevée tandis que celle du continent européen a décru progressivement. Transportée vers le nord par les vents, l’humidité dégagée par ce contraste thermique aurait provoqué les chutes de neige qui ont formé la calotte glaciaire. Ces travaux sont publiés sur le site de Nature Geoscience, le 1er septembre 2013.

Au cours des deux derniers millions d’années, la Terre a connu de longues périodes glaciaires séparées par de courtes périodes plus chaudes, les interglaciaires. Cette succession était causée par les changements d’insolation engendrés par les variations cycliques de la distance entre la Terre et le Soleil et par l’inclinaison et la direction de l’axe de notre planète par rapport à notre étoile. La dernière période glaciaire, qui a pris fin il y a 12 000 ans, a commencé entre - 80 000 et - 70 000 ans. Cette époque était marquée par une variabilité climatique millénaire s’exprimant par de courtes périodes de refroidissement alternant avec des améliorations climatiques de moins en moins accentuées au fur et à mesure de l’entrée en glaciation.

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