Malgré des mesures strictes et une demande faible, la chasse à la baleine perdure

Publié le 14.09.2018 - Article de Pierre Breteau du 23/08/2018 paru dans Le Monde

En dépit d’un moratoire de 1986 et de la mobilisation des défenseurs de la faune marine, Norvège, Islande et Japon maintiennent cette pratique

Certains pays comme la Norvège ou le Japon continuent de chasser la baleine, et ce, malgré le moratoire signé en 1986 sur la traque commerciale du plus grand mammifère du monde. Ainsi Oslo a augmenté de 999 à 1 278 le nombre d’individus susceptibles d’être capturés dans ses eaux en 2018, soit 28 % de plus qu’en 2017.

Parmi la vingtaine d’espèces de cétacés, d’un poids qui va de 2,5 à 7 tonnes pour l’orque à 150 tonnes pour la baleine bleue, seules quelques espèces sont toujours prisées. En Norvège et en Islande, derniers pays européens à posséder des navires spécialisés, c’est surtout la baleine de Minke qui est recherchée ; un mammifère plus petit (6 à 9 m) que la grande baleine bleue (25 mètres en moyenne), mais aussi plus « menu » : de 5 à 8 tonnes.

La situation est délicate pour l’ensemble des espèces, car leur population peine à augmenter malgré les mesures de protection instaurées dans les années 1980 et 1990. Selon une étude menée à partir de cent vingt-deux ans de données, le nombre d’animaux (spécialement les baleines bleues et les rorquals communs) pourrait n’atteindre la moitié de son niveau d’avant la chasse intensive (à partir de 1900) qu’en 2100.

Comment les baleines sont-elles protégées ?

Depuis 1986, la Commission baleinière internationale (CBI) a adopté un moratoire dans une résolution « selon laquelle les quotas de capture pour toute opération commerciale de chasse seraient fixés à zéro ». Deux exceptions néanmoins, d’un côté la chasse à des fins scientifiques et de l’autre, la chasse traditionnelle, pour les « stocks autochtones de subsistance ».

Au titre de la recherche scientifique, le Japon a tué 486 baleines de Minke en 2016, une espèce protégée. Cette faille est largement utilisée par Tokyo. Malgré l’arrêt de la Cour internationale de justice rendu le 31 mars 2014, qui avait sommé le pays de cesser ses campagnes de masse car elles ne correspondent pas aux critères scientifiques, la pratique se poursuit, aussi bien dans le Pacifique que dans l’Antarctique...

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