Mercure dans l’océan Arctique : quand la toundra sert de passeur

Publié le 26.07.2017 - Communiqué de presse du CNRS

Pourquoi l’océan Arctique et sa faune sont-ils si contaminés par le mercure, alors qu’ils sont éloignés des principales sources de pollution ? C’est cette vieille énigme que vient de résoudre une équipe internationale, impliquant notamment des chercheurs du CNRS, du Desert Research Institute et de l’Université du Colorado (États-Unis). Ils démontrent que la végétation et les sols de la toundra séquestrent le mercure atmosphérique issu des activités industrielles des moyennes latitudes. Au printemps, lorsque la neige et le sol fondent en surface, le mercure piégé est libéré en grande quantité vers l’océan Arctique et s’accumule dans la faune marine. Ces conclusions, qui résultent de deux ans de mesures en Alaska, sont publiées dans la revue Nature le 13 juillet 2017.

Chaque année, nos centrales à charbon, activités minières et autres industries émettent des milliers de tonnes de mercure dans l’atmosphère. Dans le milieu aquatique, le mercure s’accumule dans les réseaux trophiques et des teneurs particulièrement élevées se retrouvent chez les grands prédateurs (morses, bélugas, certains poissons) ; leur consommation par les humains peut induire une neurotoxicité chez l’enfant et des maladies cardio-vasculaires chez l’adulte. Ces problèmes sont particulièrement préoccupants dans les milieux arctiques, où la contamination de la faune par le mercure est parmi les plus élevées au monde, alors que cette région ne contient que très peu de sources de pollution. Face à ce paradoxe, les scientifiques ont longtemps suspecté la voie atmosphérique : le mercure serait ainsi transporté depuis les moyennes latitudes vers les milieux polaires, où les précipitations sous forme neigeuse contamineraient l’océan Arctique. Une hypothèse progressivement remise en cause par la découverte que les fleuves apportent plus de mercure à l’océan Arctique que l’atmosphère...

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