Quantification des émissions de gaz à effet de serre résultant des contributions nationales de l’Accord de Paris

Publié le 25.01.2018 - Actualité du CNRS - INSU

Une nouvelle étude analyse les objectifs nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour l’horizon 2025-2030 exprimés par les contributions déterminées à l’échelle nationale (Nationally Determined Contributions, NDC). Elle estime que les NDC projettent les émissions mondiales dans une fourchette de 56,8 à 66,5 GtCO2eq/an d’émissions, ce qui est plus élevé que les estimations précédentes. La fourchette d’incertitude est plus large que la plupart de celles publiées jusqu’à présent, ce qui s’explique essentiellement par le fait qu’un ensemble de scénarios de PIB sont envisagés plutôt qu’un scénario unique pour les pays qui ont exprimé leur objectif comme une réduction de l’intensité carbone de leur économie. Cette étude, menée par Hélène Benveniste et ses collègues de l’Institut Pierre-Simon Laplace (IPSL), du Centre International de Recherche sur l’Environnement et le Développement (CIRED) et de l’Université Grenoble-Alpes est publiée dans Environmental Research Letters

L’objectif de l’Accord de Paris sur le changement climatique est de maintenir l’augmentation de la température mondiale bien en deçà de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels. Les mesures d’atténuation prévues par l’Accord de Paris reposent sur les contributions déterminées à l’échelle nationale (Nationally Determined Contributions, NDC), qui résument les objectifs nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) pour l’horizon 2025-2030.

Un petit nombre d’études ont estimé les niveaux globaux d’émissions qui résulteraient des NDC en 2030. Comme résumé dans le “Gap Report” 2017 du PNUE, ils se situeraient dans une fourchette de 49,5 à 56,2 Gt CO2eq/an (contre 51,9 Gt CO2eq/an aujourd’hui, et un niveau compatible avec l’objectif de 2°C estimé à environ 42 CO2eq/an en 2030), ce qui a conduit les auteurs du rapport à conclure que "l’écart entre les réductions nécessaires et les engagements nationaux pris à Paris est alarmant".

Une nouvelle étude, publiée dans Environmental Research Letters, montre que cette mise en garde est peut-être encore une sous-estimation de la situation. L’étude a conduit l’analyse des NDC à un niveau très désagrégé (103 pays sont traités individuellement et tous les pays sont pris en compte). Elle fournit une analyse des sources d’incertitude et de leurs impacts sur les émissions mondiales de GES en 2030, basée sur la réalisation unique et complète des NDC. Elle estime que les NDC projettent les émissions mondiales dans une fourchette de 56,8 à 66,5 Gt CO2eq/an d’émissions (intervalle de confiance de 90 %), ce qui est plus élevé que les estimations précédentes et avec une marge d’incertitude plus grande.

La fourchette d’incertitude est plus large que la plupart de celles publiées jusqu’à présent, ce qui s’explique essentiellement par le fait qu’un ensemble de scénarios de PIB sont envisagés plutôt qu’un scénario unique pour les pays qui ont exprimé leur objectif comme une réduction de l’intensité carbone de leur économie...

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