Un régime de glouton !

Publié le 10.03.2010

Zoom sur le régime alimentaire du glouton au nord-ouest de l’Alaska où se trouve de la nourriture en abondance à certaines périodes de l’année.

Le glouton, qui doit son nom à son appétit vorace, est un animal omnivore et souvent charognard. Il possède une mâchoire et des muscles masticateurs puissants capables de broyer les os. Son cou et les muscles de ses épaules sont également bien développés [1]. Ces adaptations permettent au glouton de se nourrir de chair et d’os gelés, et expliquent en partie sa faculté à survivre en milieu arctique. Son alimentation change selon les saisons. Carnivore l’hiver, ses proies sont variées : caribous, oiseaux, lièvres, marmottes, petits rongeurs. L’été, il enrichit son menu de pousses d’arbres et de baies comestibles.

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Glouton
Crédit photo : existential hero
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Dans l’aire géographique étudiée par une équipe de biologistes appelée WACH, (Western Arctic Caribou Herd) couvrant le nord-ouest de l’Alaska, les analyses de l’estomac et du côlon du glouton indiquent qu’il consomme principalement du caribou durant l’hiver et que son régime dépend étroitement de la mortalité de ce cervidé, c’est-à-dire du nombre de charognes disponibles.

Le glouton évolue en effet dans une région où les troupeaux migrateurs de caribous forment une composante importante de l’écosystème de la toundra nord-américaine ; dans la zone où évoluent ces caribous d’Arctique occidental, la taille du troupeau a été estimée par des observations photographiques à plus de 400 000 animaux avec un taux de mortalité moyen de 18%.  [2]. On y observe une variation saisonnière de la présence du caribou, plus importante au printemps qu’en automne. Si les caribous sont moins nombreux, le glouton peut alors changer d’alimentation et se nourrir d’orignal (ou élan), sans que ce changement n’affecte sa condition physique.

Ces résultats confirment que le glouton consomme dans cette région principalement des cervidés, morts ou vivants, et qu’il se comporte donc à la fois comme un prédateur et comme un charognard.

D’autres études sont nécessaires pour mieux comprendre les mécanismes d’utilisation des ressources alimentaires alternatives, et prévoir les réponses démographiques du glouton aux variations d’abondance des caribous.

Marie-Laure Masquilier , INIST-CNRS

[1]Voir l’anatomie du glouton sur le site Terra nova.

[2]Les recensements photographiques de caribous indiquent 463 000 animaux en 1996 et 430 000 en 1999, avec un taux moyen de mortalité adulte respectivement de 19% et de 17%. De 1995 à 2002, ce taux a varié de 7 à 23 %.

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