Recherches Arctiques

Actualités de la recherche scientifique
ISSN : 2755-3755

Pastoralisme des rennes menacé en Laponie norvégienne

Dans un article paru dans la revue Global Environmental Change, Nicholas Tyler de l’Université Tromsø en Norvège souligne de profonds bouleversements à prévoir dans l’élevage des rennes si le réchauffement climatique se poursuit dans la région du Finnmark, située à l’extrême nord du pays.

Les Samis, population autochtone de Laponie (qui s’étend du nord de la Norvège à la péninsule de Kola en Russie) sont des éleveurs nomades de rennes dont la richesse s’évalue à la taille du troupeau. L’exploitation commerciale du renne est principalement liée à sa viande. Les autochtones sont confrontés à la fois aux problèmes du changement climatique, de réduction d’habitat et de surpopulation. Le pastoralisme (méthode d’élevage extensif qui implique des déplacements saisonniers) des rennes en Norvège est principalement basé sur le pâturage naturel ; un complément alimentaire est nécessaire, particulièrement en hiver quand l’accès au fourrage est limité par les couvertures de neige ou de glace. A cela s’ajoute le réchauffement de l’arctique qui induit une succession de redoux qui emprisonne dans la glace les plantes et les lichens, principale nourriture des rennes.

Renne dans la toundra

Renne dans la toundra
Crédit photo : Jean Luc Bonvallot

La vulnérabilité du système socio-écologique et les facteurs non climatiques qui influencent le pastoralisme des rennes chez les Samis sont examinés dans cette étude : perte d’habitat, réduction de la superficie de pâturages, prédation (par l’ours, le lynx, le loup ou le glouton), aspects réglementaires et économiques du pastoralisme (droit de pâturage, taille et structure des troupeaux, contrôle du marché et des prix, transmission des troupeaux). La perte d’habitat a pour principale origine sa destruction physique liée au développement d’infrastructures : bâtiments, équipements hydroélectriques, installations énergétiques, autoroutes et routes etc. C’est donc l’activité humaine qui est le principal facteur de perturbation. Ces facteurs forment une menace majeure au pastoralisme durable en réduisant la production, les aires de pâturages et la flexibilité des déplacements qui dans le passé permettaient aux éleveurs de s’adapter au climat et aux autres variations.

Les impacts du réchauffement climatique sur l’élevage des rennes ne peuvent donc être considérés indépendamment des changements anthropiques qui sont ici clairement établis. Les capacités d’adaptation des peuples autochtones et les connaissances ancestrales du pastoralisme sont connues. Notamment, les Samis maintiennent traditionnellement un haut niveau de diversité phénotypique des troupeaux, par exemple en variant l’âge, le sexe, la taille la couleur et le tempérament de leurs animaux. C’est une stratégie qui permet de réduire la vulnérabilité face à des conditions défavorables ou imprévisibles.

La prise en compte des savoirs traditionnels et des cultures arctiques vont constituer des éléments clés pour maintenir ce pastoralisme.


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