
D'une part, les sociétés arctiques et subarctiques, aujourd’hui confrontées à des changements inédits et des transformations profondes, se sont historiquement développées grâce à une fine connaissance de l’environnement au sens le plus large du terme. Aujourd’hui comme hier, ces sociétés se caractérisent par leurs reconfigurations sociales et leurs innovations techniques rapides en lien avec les conditions locales, la disponibilité des ressources fauniques, les changements climatiques et les contacts avec le monde extérieur. Dans cette section, l'accent sera mis sur les articulations, évidentes ou discrètes, qui existent entre les savoirs détenus par les premiers utilisateurs du milieu naturel (les peuples autochtones) et par la communauté scientifique. Une attention particulière sera accordée à la compréhension des interactions entre les sciences de l'environnement, les sciences sociales et les sciences de la santé. Les échanges viseront à développer des attitudes inclusives favorisant la complémentarité, laquelle apparaît comme une priorité face à l'ampleur des questions — pour beaucoup inédites — qui se posent aujourd'hui dans des régions aux équilibres fragiles.
D'autre part, la région arctique se transforme rapidement sous l’effet du changement climatique, des enjeux énergétiques et des nouveaux équilibres économiques à l’échelle mondiale. Ces changements impactent l’environnement (exploitation minière, offshore, routes maritimes), le mode de vie des résidents (en particulier autochtones), les flux de population, l’équilibre géopolitique de la région. Cette section relève ces changements selon trois échelles de gouvernance (régionale, nationale, internationale). Elle couvre l’évolution de la structure de la gouvernance (acteurs, institutions, législation) dans 4 secteurs : développement humain (urbanisation, représentation politique, économie locale), coopération internationale (Conseil Arctique, Barents Euro Arctic Council), développement des ressources et environnement (normes de sécurité, marchés de l’énergie et climat), navigation (Code polaire, OMI). L’objectif est d’identifier les axes prometteurs pour le développement de la recherche sur la gouvernance.