Recherches Arctiques

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ISSN : 2755-3755

La recréation de l’écosystème des mammouths, clef de la lutte contre le réchauffement climatique ?

Publié le 06.07.2020 - Article de Ksenia Zoubatcheva du 19/01/2020 sur Russia Beyond
Alors que Greta Thunberg et d’autres militants écolos manifestent dans le monde entier, des scientifiques russes tentent de recréer un écosystème capable de « refroidir » le climat mondial.

Des mammouths, des bisons et des chevaux marchant sans hâte dans les steppes, broutant de vertes prairies sous l’œil attentif des loups et des tigres – et si c’était à cela que ressemblait l’Arctique russe dans le futur ? Tel était en tous cas le spectacle qui s’y offrait il y a plusieurs milliers d’années, et les scientifiques croient qu’il est possible de restaurer cet écosystème. L’humanité est encore bien entendu loin de l’apparition d’une sorte de « Jurassic Park » et de la renaissance des dinosaures, mais l’idée de restaurer l’ADN des mammouths ne semble plus si folle.

Au Pléistocène (une période s’étendant entre 2,58 millions et 11 700 ans avant le présent), tout l’hémisphère nord de la planète était recouvert de steppes, où vivaient des millions de mammouths, bisons, chevaux, cerfs, loups, tigres et autres animaux. Néanmoins, cette diversité de la faune a grandement pâti de l’installation de l’homme, ce qui a conduit à la transformation de ces pâturages naturels en forêts et toundra il y a 10-12 000 ans. Selon les scientifiques, aujourd’hui, le nombre d’animaux dans l’Arctique est au moins 100 fois inférieur à celui de la fin du Pléistocène.

Pourquoi ce sujet refait-il surface maintenant ? L’écologiste russe Sergueï Zimov estime que la recréation de l’écosystème des « steppes des mammouths » pourrait véritablement aider à stopper le réchauffement climatique.

Le principal danger actuel est le réchauffement de la planète. En Sibérie, le permafrost a commencé à fondre… Dans notre pergélisol il y a mille milliards de tonnes de carbone, s’il est oxydé par les microbes, 3 400 milliards de tonnes de CO2 pourraient être relâchées dans l’atmosphère », avertit-il.

Selon le scientifique, la température du pergélisol (couche gelée de la croûte terrestre) est déjà supérieure d’environ 5 degrés à la température annuelle moyenne de l’air, ce qui est associé à la formation d’une épaisse couche de neige en hiver, qui recouvre le sol et empêche la formation en profondeur du gel.

Or, cet effet peut être évité dans les écosystèmes de pâturage, où les animaux piétinent la neige à la recherche de nourriture. Ainsi, la neige perd ses propriétés d’isolation thermique, les sols gèlent beaucoup plus fortement et le pergélisol est protégé de la fonte. « Sous les pâturages, à cause du piétinement (par les animaux) de la neige, la température du pergélisol baisse de 4 degrés », explique Zimov. Depuis plus de 20 ans, il ne se contente par ailleurs pas de tirer la sonnette d’alarme, en mettant en avant cette menace pour l’humanité, mais teste aussi sa théorie dans la pratique, par le biais d’un ambitieux projet, celui du Parc du Pléistocène, au nord-est de la Iakoutie (Sibérie), à 150 km au sud du littoral arctique…

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Voir aussi le reportage « Les aventuriers de l’âge perdu » sur Arte

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