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ISSN : 2755-3755

Les dangers d’un droit de chasse illimité du caribou au Nunavut

Publié le 16.05.2019 - Article de Claudiane Samson du 04/04/2019 sur Radio-Canada
Les chasseurs inuits du Nunavut possèdent le droit de chasser et de vendre légalement leurs prises, mais certains s'inquiètent des conséquences que ce droit non réglementé pourrait avoir sur la population de caribous

L’alimentation traditionnelle de poisson et de viande sauvage occupe une place privilégiée auprès des habitants du territoire et la vente se fait aisément sur les médias sociaux ou par personne interposée.

La population de caribous de l’île de Baffin toutefois fait l’objet d’un déclin depuis quelques années selon les scientifiques si bien qu’en 2015, un système de quota sur le nombre de prises a été imposé par le gouvernement territorial, pour un maximum de 250 mâles par année pour toute l’île.

La rareté du produit fait monter les prix et la popularité demeure, dit Walter Hess qui tient boutique du seul commerce de viande sauvage à Iqaluit. Il y vend de tout, omble arctique fumé, peau de baleine ou viande de caribou fraîche, congelée ou séchée. Le caribou est un produit recherché.

« On ne peut pas se procurer de caribou localement, il faut l’obtenir de Rankin Inlet. Quand la viande arrive, on la découpe, la prépare et le bouche-à-oreille suffit pour que tout le monde vienne. »

La région Kivalliq, dont fait partie Rankin Inlet, est devenue le fournisseur principal de viande de caribou, mais la population là aussi fait l’objet d’un déclin.

« Une réglementation nécessaire »

La députée de Rankin Inlet-Chesterfield Nord, Cathy Towtongie, croit que le droit illimité de chasse et de vente est un problème. Elle a fait de ce sujet son cheval de bataille au cours de la session d’hiver de l’Assemblée législative nunavoise.

Depuis que la région de l’île de Baffin fait l’objet d’un quota, les chasseurs [de Kivalliq] vendent leurs caribous pour un montant allant de 400 à 600 $ et le prix continue de grimper
(Cathy Towtongie, députée de Rankin Inlet-Chesterfield Nord)

La population de caribous de la Toundra entre-temps est passée en 15 ans, souligne la députée, de plus d’un million de bêtes à environ 225 000. « C’est inquiétant. »

De façon à contrôler la chasse et la vente et prévenir le gaspillage de viande ou le déclin accru de l’espèce, Cathy Towtongie croit qu’il faut imposer des restrictions telles que des quotas domestiques et des quotas commerciaux…

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