Recherches Arctiques

Actualités de la recherche scientifique
ISSN : 2755-3755

Se donner les moyens de l’excellence : la recherche polaire française à la veille de l’année polaire internationale

Publié le 22.08.2022 - Rapport du 22/08/2022 paru sur le site du Sénat

INTRODUCTION

« D’où vient l’étrange attirance de ces régions polaires, si puissante, si tenace qu’après en être revenu on oublie les fatigues morales et physiques pour ne songer qu’à retourner vers elles ? D’où vient le charme inouï de ces contrées pourtant désertes et terrifiantes ? »

Jean-Baptiste Charcot

Mesdames, Messieurs,

« Il y a un siècle, découvrir les régions polaires était une aventure héroïque, pour des hommes peu équipés et livrés à eux-mêmes dans des expéditions solitaires. Peu à peu, les scientifiques ont donné un sens au soutien de la recherche fondamentale dans ces zones inhabitées, déchiffrant, grâce au développement d’une collaboration internationale, les liens des pôles avec l’ensemble de notre planète et avec l’univers ».

Par ces mots, Bertrand Imbert et Claude Lorius, deux grands hommes de la recherche polaire française, achèvent leur présentation de l’aventure polaire dans leur livre Le grand défi des pôles. Ils mettent ainsi en avant le caractère profondément mystérieux et envoûtant de ces régions qui, comme l’écrivait le Commandant Charcot, font que malgré leur hostilité, une fois découvertes, on cherche toujours à y retourner. Les pôles c’est donc d’abord cela, l’aventure, le défi personnel. Aux antipodes, on trouve et on laisse quelque chose de soi.

Surtout, ils soulignent comment peu à peu la recherche a trouvé dans les régions polaires un lieu d’épanouissement exceptionnel, à tel point que le continent antarctique, exemple unique en son genre, est depuis 1959 réservé à la paix et à la science. Les sciences des pôles, ce fut d’abord la géographie. Mais très rapidement toutes les autres furent conviées pour localiser les pôles magnétiques, pour décrire les nouvelles espèces de plantes et d’animaux et même pour observer le ciel. Vénus et ses transits furent la raison du lancement de la première année polaire internationale et le début d’une dynamique exemplaire de collaboration.

Aujourd’hui, les pôles sont de nouveau le lieu de l’aventure scientifique. Ils apparaissent comme les postes avancés, les témoins des changements qui affectent notre planète, comme le réchauffement climatique et la menace sur la biodiversité. Des questions de cosmologie fondamentales comme les origines de l’univers, ou de futurologie comme l’exploration du système solaire y trouveront peut-être une réponse. Comme le rift africain, les pôles ramènent aussi les hommes très loin dans leur passé. 1,5 million d’années d’archives climatiques sont disponibles dans les glaces de l’Antarctique. Mais il y a aussi des glaces beaucoup plus anciennes qui, détachées de leur série temporelle, n’offrent pas encore aux scientifiques des objets d’investigation.

Le champ de la recherche en milieu polaire est donc particulièrement large : c’est une première surprise pour qui ne s’attendait à trouver que glace, manchots ou ours blancs…

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