Alaska : quand le refuge faunique national de l’Arctique est à vendre

Publié le 21.01.2021 - Article de Joel K. Bourne, JR. du 07/01/2021 sur National Geographic

La vente de concessions pétrolières et gazières au sein du refuge faunique national de l’Arctique a eu lieu mercredi 6 janvier 2021, alors que les partisans des forages sont confrontés à des difficultés économiques

L’une des plus grandes luttes environnementales de l’histoire moderne des États-Unis est sur le point de prendre fin. Et son issue était pour le moins imprévisible.

Elle opposait l’administration Trump (favorable à l’exploitation pétrolière), l’État de l’Alaska et quelques sociétés autochtones du North Slope (qui dépendent tous fortement des recettes fiscales sur le pétrole) à la quasi-totalité des grandes organisations environnementales du pays, au peuple des Gwich’in de l’Alaska et du Canada et, selon de derniers sondages, à la majorité des Américains. Le sujet de la discorde ? Le joyau des espaces sauvages américains.

L’U.S. Bureau of Land Management (Agence américaine de gestion des terres) a mis mercredi 6 janvier aux enchères des concessions pour l’exploration et l’exploitation pétrolières et gazières, soit plus de 400 000 hectares de terre au sein de l’Arctic National Wildlife Refuge (ANWR, ou refuge faunique national de l’Arctique), situé dans le nord-est de l’Alaska. Cette journée du 6 janvier a également été marquée par la confirmation de l’élection de Joe Biden comme président par le Congrès américain, non sans heurts. Le président-élu démocrate est opposé aux forages au sein du refuge faunique.

Créé en 1960 par le président Dwight D. Eisenhower, avant d’être étendu par le président Jimmy Carter en 1980, l’ANWR est l’écosystème sauvage le plus vaste et le mieux préservé des États-Unis. La bataille dont il est l’objet depuis 40 ans porte sur sa plaine côtière, qui abriterait l’équivalent de milliards de barils de pétrole. Le site est cependant désigné comme le « cœur biologique » du refuge par les défenseurs de l’environnement. Lieu de reproduction des caribous et des ours blancs, il s’avère également être un habitat essentiel pour plus de 200 autres espèces, dont les oies des neiges et de nombreux autres oiseaux migrateurs...

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