Arctique : la banquise disparaît, le réchauffement climatique s’emballe

Publié le 12.05.2010

Fin avril, un article paru dans la revue Nature confirmait le rôle clé joué par les glaces de mer dans l’amplification du changement de climat de l’Arctique.

Au cours des dernières décennies, les régions polaires boréales ont connu une augmentation des températures atmosphériques presque deux fois plus élevée que partout ailleurs sur la planète. Le mécanisme sous-jacent à ce phénomène - qualifié d’amplification polaire - demeure pourtant mal connu.

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1er septembre 2009 : soleil sur la banquise arctique
Crédit photo : Patrick Kelley, U.S. Coast Guard
Avec l’aimable autorisation de l’USGS, U.S. Geological Survey

Divers facteurs sont en cause : la disparition de la banquise et du manteau neigeux, les changements dans les circulations océaniques et atmosphériques, les modifications de la couverture nuageuse et de la concentration atmosphérique en vapeur d’eau. Mais les rôles respectifs de chacun de ces agents sont toujours sujets à débat parmi les scientifiques.

Pour mieux comprendre les processus impliqués, deux chercheurs australiens ont utilisé un nouvel ensemble de données de réanalyse (ERA-Interim), plus précises que par le passé, couvrant les vingt années de la période 1989-2008. Dessiner au moyen de ces données les tendances temporelles des températures sur toute l’épaisseur de la troposphère [1] leur a permis de discriminer les facteurs responsables du phénomène d’amplification.

Le réchauffement apparaît plus marqué près de la surface de l’océan qu’en altitude : c’est un signe du rôle prépondérant de la cryosphère, prépondérance confirmée par la suite de leurs calculs. La réduction des glaces marines induit une amplification des températures, qui induit à son tour une diminution accrue de la banquise. L’émergence d’une telle rétroaction positive forte inquiète les scientifiques. Elle constitue en effet un indice supplémentaire du risque accentué pour ces hautes latitudes d’un réchauffement climatique intense et rapide, associé à un déclin non moins rapide de la banquise.

Camille de Salabert, INIST-CNRS

[1]Partie inférieure de l’atmosphère terrestre qui s’étend de la surface du globe jusqu’à une altitude variable, allant d’environ 10 km aux pôles à environ 20 km à l’équateur

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