Arctique : le changement est devenu la norme

Publié le 18.03.2020 - Article de Mark Fischetti du 20/01/2020 sur Pour La Science

Le changement climatique modifie considérablement la vie au sommet du globe

Sur l’île Banks, dans les Territoires du Nord-Ouest, au Canada, plus de 4 000 glissements de terrain progressent lentement à mesure que le pergélisol s’affaisse et s’effrite du fait de sa fonte. En Sibérie, à cause du réchauffement du sol, des infiltrations de méthane souterrain créent des brèches en surface et éclatent, laissant des cratères de 40 mètres de large. Dans tout l’Arctique, le changement est devenu la norme, en particulier celui lié à l’irruption des pays et des entreprises. Constructions, extraction de pétrole et de gaz naturel, transport maritime et tourisme sont en hausse. Indéniablement, climat et activités humaines laissent des traces dans la nature et sur les 4 millions de personnes vivant dans la région.

À mesure que les interactions s’étendent, la science sera importante pour éclairer les accords et les politiques, notamment en ce qui concerne la préparation aux catastrophes, la protection de l’environnement, les possibilités économiques, la sécurité alimentaire, la santé humaine et la résilience des collectivités. Les peuples autochtones sont peut-être parmi les experts les plus précieux. Pendant des années, ils ont suivi de près l’évolution des températures et le recul de la couverture de glace, parcouru les montagnes et les forêts, suivi les troupeaux de caribous, pêché dans les mers et maintenu la biodiversité. Leurs communautés et cultures sont aussi les plus touchées.

Certains dirigeants autochtones affirment que l’Arctique devrait être gouverné par des organisations coopératives et des règles qui transcendent les frontières politiques. Par exemple, une planification territoriale du sol et de la mer sur de vastes étendues pourrait établir les droits des personnes et les conditions pour protéger l’environnement, et fournir les moyens pour un dialogue constructif. Selon ces dirigeants, l’utilisation de l’Arctique ne sera durable que si son environnement et sa communauté sont sains.

Une terre de changement

Les scientifiques manquent de mots pour exprimer le changement qui touche les paysages terrestres et marins de l’Arctique. Des facteurs physiques tels que la hausse des températures atmosphérique et marine ou la disparition de la neige et de la glace de mer aggravent la situation. Par conséquent, des organismes aussi variés que des algues, arbres et caribous prospèrent, luttent ou se déplacent ; chaque élément de la chaîne alimentaire doit s’ajuster. Et la fonte du pergélisol pourrait libérer assez de gaz à effet de serre pour doubler le réchauffement climatique qui s’est déjà produit…

Lire la suite au sein du dossier intitulé "Arctique : le climat rebat les cartes" paru dans Pour La Science n° 508 de février 2020