Avec le pipeline Power of Siberia, Poutine se tourne vers la Chine

Publié le 22.04.2020 - Article de Thomas Burgel du 26/11/2019 sur korii

Pour l’Europe, ça sent le gaz

L’Europe est certes très dépendante du gaz russe. Mais l’un n’allant pas sans l’autre, le gaz russe est de son côté très dépendant de l’Europe. Les relations étant pour le moins tendues entre les deux entités, notamment depuis l’annexion de la Crimée et la coupure en plein hiver des robinets vers l’Ukraine, c’est vers l’est que Vladimir Poutine porte désormais le regard, et en particulier vers la Chine.

C’est ainsi qu’est sorti de terre le Power of Siberia, un pipeline de 3.000 kilomètres reliant les gisements de Chayanda et de Kovykta, dans le cœur congelé de la Sibérie, à la ville de Blagoveshchensk, proche de la frontière chinoise. Côté chinois, un autre pipeline plus long encore traversera le pays jusqu’à Shanghai.

Course à l’Est

Géré par le géant Gazprom depuis la signature d’un contrat à 400 millions de dollars [363 millions d’euros], le Power of Siberia devrait atteindre sa pleine capacité en 2025, avec 38 millions de mètres cubes de gaz fournis annuellement à la vorace économie chinoise.

Cette course à l’Est renforce la position russe, qui pourrait lors de prochaines négociations ou en cas de nouvelles tensions faire grimper les tarifs de fourniture à l’Europe.

Mais si la géopolitique est un facteur important de ce rééquilibrage, les enjeux économiques purs lui sont sans doute supérieurs : la Chine est le plus gros importateur mondial d’énergie et sa consommation de gaz continue à croître à un rythme effrené (+18 % en 2018, selon les données de l’Agence internationale de l’énergie).

Le potentiel est colossal pour la Russie, mais il est à la hauteur des besoins de la Chine : d’ailleurs, les deux États planchent déjà sur un Power of Siberia 2 pour renforcer encore leurs liens énergétiques.

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