Banquise : la plus grande expédition en Arctique pousse un cri d’alarme

Publié le 14.10.2020 - Article du 12/10/2020 sur L'Intern@ute (source AFP)

La plus grande expédition jamais menée au pôle Nord a regagné l’Allemagne lundi après avoir constaté l’ampleur du réchauffement climatique en Arctique et la menace qui plane sur une banquise menacée de "disparaître" l’été

A l’issue de 389 jours en mer, le brise-glace Polarstern de l’institut allemand Alfred-Wegener a retrouvé son port d’attache de Bremerhaven, dans le nord-ouest de l’Allemagne.

- "Étape historique" -

"Nous avons repoussé les limites de ce que nous pouvons faire en matière de recherche dans l’Arctique (...) L’expédition marque une étape historique dans la recherche au pôle Nord", s’est félicité le chef de l’expédition Markus Rex, lors d’une conférence de presse.

Mais le responsable de cette expédition internationale baptisée MOSAIC a aussi lancé un appel urgent pour tenter de sauver la banquise d’été "en train de disparaître".

"Ce monde est menacé", a assuré ce climatologue et physicien. "Si le changement climatique se poursuit comme cela, alors dans quelques décennies, nous aurons un Arctique libéré des glaces durant l’été", a-t-il ajouté.

"Nous devons tout faire pour préserver (...) la banquise dans l’Arctique pour les générations futures et nous devons tenter de saisir la petite chance que nous avons encore de le faire", a-t-il lancé, décrivant une région "fascinante et d’une exceptionnelle beauté".

Lors des sorties sur la banquise pour y effectuer des mesures ou des prélèvements, toute l’expédition a pu constater cette évolution.

- ’Glace fondue’ -

"Directement au pôle Nord, nous avons trouvé (en été) de la glace fondue, mince, friable", a témoigné M. Rex, évoquant aussi "des surfaces d’eau liquide à perte de vue, jusqu’à la ligne d’horizon".

Un diagnostic confirmé par des observations satellites aux Etats-Unis qui ont révélé que la banquise d’été avait fondu jusqu’à la deuxième superficie la plus petite jamais enregistrée, après 2012.

En hiver, où ils ont affronté la nuit absolue pendant plusieurs mois et la visite d’une soixantaine d’ours polaires, les scientifiques ont également mesuré des températures beaucoup plus chaudes qu’il y a quelques décennies.

Au total, plusieurs centaines d’experts et scientifiques de 20 pays différents ont séjourné en se relayant sur le navire qui s’est laissé glisser avec les glaces selon la dérive polaire, ce courant océanique qui s’écoule d’est en ouest dans l’océan Arctique...

Lire la suite sur L’Intern@ute

Voir aussi l’article de Brice Louvet du 13/10/2020 sur SciencePost