Calottes polaires : à quel point montera la mer ?

Publié le 18.09.2020 - Communiqué de presse du CNRS du 17/09/2020

Plus de 99 % de la glace terrestre se trouve dans les inlandsis couvrant l’Antarctique et le Groenland. Sous l’effet des changements climatiques, leur fonte, même partielle, contribuera significativement à l’élévation du niveau marin. Mais de combien ? Pour la première fois, des glaciologues, des océanographes et des climatologues de 13 pays ont uni leurs forces pour réaliser de nouvelles projections. Selon ces travaux de modélisation, auxquels ont contribué des chercheurs du CNRS et du CEA, la calotte glaciaire antarctique pourrait contribuer jusqu’à 30 cm à la hausse du niveau marin de 2015 à 2100. Mais dans certains scénarios, elle pourrait à l’inverse accumuler plus de neige que les volumes perdus par la fonte des glaces, compensant en partie (au mieux de 7,8 cm) l’élévation globale des océans. L’étendue de cette fourchette est surtout liée au manque de connaissances sur la fonte par le bas des plateformes glaciaires qui s’étendent sur l’océan. Or, ces terminaisons flottantes, dont la superficie peut atteindre la moitié de celle de la France, retiennent l’écoulement du reste de la calotte. Si elles venaient à disparaître, les nouvelles projections montrent que le niveau des mers s’élèverait de plusieurs mètres sur 500 ans. Sur la période 2015-2100, la contribution de la calotte glaciaire du Groenland serait, elle, comprise entre +1,5 et +14 cm, selon l’évolution de nos émissions de gaz à effet de serre. Une dizaine d’articles scientifiques, dont cinq publiés le 17 septembre 2020 dans la revue The Cryosphere, détaillent ces travaux. Pour améliorer ces estimations, les scientifiques parient sur une nouvelle génération de modèles de climat qui intègreraient directement la cryosphère, en plus de l’atmosphère, de l’océan et de la bio-géochimie.

Voir le communiqué sur le site du CNRS