Changement climatique : les chercheurs sur la piste du méthane en Arctique

Publié le 07.01.2020 - Article du 10/12/2019 sur The Conversation

L’Arctique est sous haute surveillance depuis que des sources naturelles de méthane potentiellement importantes y ont été découvertes au cours des dernières années. Les dérèglements climatiques intensifieraient ces sources, contribuant ainsi à augmenter en retour l’effet de serre

Une autre source de méthane – issue de l’exploitation incessante du pétrole et du gaz dans cette région et ses inévitables fuites – contribue également à une hausse des émissions.

Depuis 1750, la concentration de méthane (CH4) dans l’atmosphère mondiale a augmenté de 150 % alors que son espérance de vie dans l’atmosphère ne dépasse pas les neuf ans. Au total, le méthane est responsable d’un tiers environ de l’effet de serre actuel.

Ce gaz piège la chaleur de manière directe, en retenant le rayonnement infrarouge de la Terre, et de manière indirecte, en augmentant l’ozone et la vapeur d’eau dans la stratosphère. Il peut être formé par l’activité de certains microorganismes, par exemple dans les décharges, lors de la digestion chez les ruminants, ou encore dans les zones humides naturelles.

Il peut aussi être généré par la décomposition thermique de la matière organique dans les sédiments marins : c’est ainsi que se forme le gaz naturel.

Dans le monde le méthane émis provient à 60 % des activités humaines telles que l’exploitation des combustibles fossiles (pétrole, gaz et charbon), l’agriculture et la gestion des déchets. Les 40 % restant sont des sources naturelles (zones humides, étendues d’eau douce et sources géologiques).

Ces quinze dernières années, dans l’Arctique, on a découvert de nouvelles sources naturelles : les hydrates de méthane sous-marin, les effondrements de pergélisol ou les étranges « poches de sol ». Chacune à leur manière, ces sources sont sensibles à la température et pourraient donc, en théorie, être amplifiées par le réchauffement climatique accéléré dans l’Arctique.

Inquiétantes bulles de méthane

Des panaches importants de bulles de méthane ont été observés dans l’océan Arctique, depuis le fond jusqu’à la surface de l’eau. Ces bulles sont issues de la déstabilisation des hydrates de méthane – cristaux de glace enfermant des molécules de méthane dans leur structure – enfouis à faible profondeur.

Des études ont estimé que ces émissions peuvent atteindre jusqu’à 17 millions de tonnes de méthane par an rien qu’en mer de Sibérie orientale. Toutefois, ces chiffres semblent très excessifs au regard des données atmosphériques disponibles autour de l’Arctique. Ces émissions restent plus vraisemblablement bien inférieures à 4,5 millions de tonnes par an.

La majeure partie des hydrates de méthane reste stable, et on n’a pas détecté de libérations dramatiques de méthane sous-marin dans des conditions climatiques passées similaires au nôtre. Le réchauffement en cours des eaux arctiques pourrait néanmoins accélérer une déstabilisation des hydrates dans le futur...

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