Comment bien vieillir en Alaska

Publié le 15.10.2009

Une enquête auprès de personnes âgées autochtones montre globalement une qualité de vie meilleure en milieu « rural » qu’en milieu « urbain ». Quelles pourraient en être les raisons ? Quelles leçons en tirer ?

Chez les Inupiaqs, un peuple Inuit vivant en Alaska, le nombre de personnes âgées s’est accru en raison d’une augmentation rapide de l’espérance de vie (64,4 ans en 1980 ; 69,5 en 1997). C’est pourquoi des chercheurs américains, assistés d’une communauté tribale indienne, ont questionné des Inupiaqs âgés de 53 à 69 ans sur leur état de santé et leurs conditions de vie.

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Danse traditionnelle, Alaska
Photo : images of life Certains droits réservés - Licence Creative Commons

Tous étaient autonomes et vivaient à domicile. Sur la centaine de personnes interrogées, la moitié résidait à Anchorage, la capitale de l’Alaska, qui, avec ses 280 000 habitants, concentre à elle seule la moitié de la population de cet Etat. L’autre moitié vivait dans deux villages proches du détroit de Behring, Buckland (environ 500 habitants) et Deering (150 habitants), où prévaut encore un mode de vie basé sur une alimentation de subsistance (poissons, caribous). Les chercheurs ont veillé à ce que les entretiens se déroulent partout dans le même climat de confiance et de convivialité. Ont été notés le lieu d’habitation, l’âge, le sexe, l’indice de masse corporelle [1] et le fait de vivre seul ou en famille. Les questions ont porté sur l’auto-évaluation de l’état de santé général, les activités physiques, l’implication dans des activités familiales ou communautaires et la nutrition. La santé psychique a été évaluée à l’aide d’un questionnaire standardisé : le « Mental Functioning Composite Score ». Dans les villages, les Aînés sont considérés comme ayant un rôle de transmission du patrimoine et de l’identité culturelle. Ils participent à la vie de la famille et de la collectivité par leurs conseils et se rendent utiles en contribuant à l’apport de nourriture : pêche, chasse, cueillette de baies comestibles, collecte de bois pour le feu…. Ainsi maintiennent-ils une activité physique minimale et une certaine vie sociale. Dans quelle proportion ces facteurs contribuent-ils à un meilleur bien-être ? En tout état de cause, il ressort de l’étude que d’une façon générale les « ruraux » perçoivent une meilleure qualité de vie que les « urbains ».

Les auteurs préconisent de renforcer les stratégies permettant aux personnes âgées Inupiaqs de rester dans leurs villages plutôt que de les déplacer vers les villes.

Marie-Pierre Verdier, INIST-CNRS

[1]L’indice de masse corporelle ou IMC sert à évaluer le poids chez l’adulte. Il se calcule de la façon suivante : IMC = Masse / (Taille)², la masse étant exprimée en kilogrammes et la taille en mètres.

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