Coup de soleil sur la faune arctique

Publié le 30.08.2007

Comment l’activité solaire peut influencer la dynamique des populations animales en Russie ?

La communauté scientifique s’intéresse depuis longtemps à l’impact des phénomènes solaires sur la biosphère terrestre, partie de la sphère terrestre constituée d’organismes vivants.

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Aurore boréale photographiée près d’Abisko (Suède, 68°21’N, 18°49’E) en décembre 1998. Les aurores boréales sont issues de l’interaction entre des particules du vent solaire et l’atmosphère dans les régions des pôles magnétiques terrestres (zones polaires)
© CNRS Photothèque / GENOT Vincent
UMR5187 - CENTRE D’ETUDE SPATIALE DES RAYONNEMENTS (CESR), TOULOUSE

L’un des premiers scientifiques ayant contribué largement à cette science appelée parfois héliobiologie (du grec Hêlios qui signifie soleil, c’est à dire l’étude de l’influence des changements de l’activité solaire sur la vie) est le chercheur russe Alexandre Tchijevski (1897 - 1964). Il formule l’hypothèse que le rayonnement solaire constitue une source d’énergie située près de l’espace terrestre pouvant influencer les processus biologiques de notre planète. Il s’est principalement intéressé aux taches solaires (éruptions solaires), qu’il a mises en corrélation avec les activités humaines.

Dans un article paru dans la revue Advances in Space Research, les chercheurs russes de l’Institut de Recherche Arctique et Antarctique explorent les relations entre la dynamique de l’activité solaire et les changements sur les populations de quelques espèces de la faune arctique : lemmings, renards polaires, souris, loups, élans etc.

Ils montrent que des corrélations existent entre le rayonnement solaire et les changements d’effectif de ces populations. Par exemple, la dynamique de population des élans de la Carélie, en Russie arctique, a été suivie sur une trentaine d’années. Elle est dépendante de l’activité solaire et de la pression dynamique des vents solaires, appelés également émissions électromagnétiques. Des données similaires sont rapportées sur les loups de la Carélie.

En effet, la pression dynamique des vents solaires change durant les variations de l’activité solaire et induit des changements dans le champ électrique et l’humidité atmosphérique. La végétation couvrant la surface du sol est sensible à ce phénomène et toute la chaîne alimentaire du consommateur primaire au prédateur répond à cette variation.

En conclusion, les champs électromagnétiques d’origine spatiale seraient des facteurs importants dans la détermination de la dynamique des populations arctiques.

Marie-Laure Masquilier , INIST-CNRS

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