En Sibérie, l’explosion d’une bulle de méthane provoque un gouffre de 50 mètres de profondeur

Publié le 12.11.2020 - Article de Marina Fabre du 06/09/2020 sur Novethic

C’est un phénomène de moins en moins rare dans la toundra sibérienne. Une équipe de télévision vient d’y découvrir, par hasard, un gouffre atteignant 50 mètres de profondeur. Les scientifiques émettent l’hypothèse de l’explosion d’une bulle de méthane alors que 7 000 autres seraient prêtes à exploser dans la région. Ces explosions libèrent du méthane dont la capacité de réchauffement de l’atmosphère est 25 fois plus importante que celle du CO2

C’est par hasard, en survolant la zone, qu’une équipe de télévision a découvert ce gigantesque cratère dans le nord de la Sibérie. Un groupe de scientifiques de l’Académie russe des sciences a été dépêché sur place pour examiner ce gouffre dont la profondeur atteint jusqu’à 50 mètres à certains endroits. Les chercheurs ignorent quand le cratère s’est formé mais ils émettent l’hypothèse de l’explosion d’une bulle de méthane.

Ce n’est pas la première fois qu’un tel phénomène se produit. Depuis plusieurs années, les scientifiques russes découvrent d’énormes cratères en pleine toundra sibérienne. Ces cratères sont notamment causés par le réchauffement climatique. Les températures, de plus en plus hautes ces dernières années font fondre le permafrost, un sol en permanence gelé. Quand le couvercle de glace saute, les matières organiques, qui y étaient emprisonnées, se décomposent sous l’effet de la chaleur. Ces dernières dégagent des gaz qui finissent par exploser sous l’effet de la pression. Ces gaz, en grande partie composés de méthane, sont 20 à 25 plus dangereux pour le climat que le CO2.

7 000 bulles de méthane prêtes à exploser

La découverte de ce nouveau gouffre s’inscrit donc dans cette tendance et intervient justement après un été particulièrement chaud. Dans la ville de Verkhoïansk, située au-delà du cercle polaire, les météorologues ont ainsi enregistré au mois de juin un record de température de 38 °C. "Ce cratère porte le numéro 17 et est considéré comme le plus impressionnant des grands trous à apparaître soudainement ces dernières années lorsque le pergélisol dégèle", explique au média Siberian Times le scientifique Evgeny Chuvilin, chercheur à l’institut des sciences et des technologies de Skolkovo...

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