Impact de la circulation atmosphérique sur la fonte de la calotte du Groenland

Publié le 29.10.2018 - Communiqué de presse de l'Université de Liège du 16/10/2018

Des chercheurs du Laboratoire de Climatologie (Unité de recherches SPHERES) de l’Université de Liège ont utilisé le modèle climatique régional MAR pour évaluer l’impact des récents changements de circulation atmosphériques enregistrés au-dessus du Groenland et l’ont confronté aux prévisions climatiques. Leur résultat est sans appel : si ces prévisions s’avèrent exactes et que les changements de circulation perdurent en été, la calotte glacière fondra deux fois plus vite que ce que les modèles globaux prévoient. Ces résultats font l’objet de deux publications dans la revue The Cryosphere.

Depuis le début des années 2000, les scientifiques ont enregistré un changement dans la circulation atmosphérique au-dessus de l’Atlantique Nord, favorisant des conditions météorologiques plus chaudes et plus ensoleillées en été, au niveau de la calotte glaciaire du Groenland. « Ces conditions, qualifiées d’anticycloniques, ont accentué la fonte de la glace, engendrant de tristes records comme en 2012 où de la fonte avait été observée à la surface de la quasi totalité de la calotte , explique Alison Delhasse, chercheur au Laboratoire de Climatologie de l’ULiège et première auteure d’un des deux articles publiés dans la journal The Cryosphere. Cela étant, cet été 2018 a quant à lui été caractérisé par des passages plus fréquents de dépressions apportant d’importantes quantités de neige. » La calotte glaciaire du Groenland présente donc pour l’instant un taux de fonte moins important en comparaison aux années précédentes, ce qui contraste fortement avec les températures record enregistrées en Scandinavie et la canicule observée globalement en Europe. Si les observations de cette année tendent à rassurer, les chercheurs quant à eux s’inquiètent de ces changements fréquents dans la circulation atmosphérique qui pourraient tout à fait inverser la tendance l’année prochaine ou les suivantes, malgré ce qu’ont pu prévoir précédemment les modèles climatiques globaux . A Liège, les chercheurs du Laboratoire de Climatologie ont préféré adopter une autre approche, en utilisant le MAR (Modèle Atmosphérique Régional), un modèle climatique régional qu’ils connaissent bien.

Forcer les modèles

Les projections climatiques pour les dizaines d’années à venir reposent sur des modèles climatiques dits « globaux » qui représentent le climat à l’échelle de la planète. Ces simulations sont largement utilisées par les climatologues du monde entier pour prédire les changements climatiques futurs. Cependant, ces modèles ne représentent pas le changement actuel de circulation atmosphérique responsable de la répétition des anticyclones en été sur le Groenland. Ils n’en projettent pas non plus pour le futur, comme expliqué dans la deuxième étude à laquelle l’ULiège a participé - en collaboration avec l’Université de Lincoln en Angleterre - et qui fait l’objet d’une seconde publication dans la revue The Cryosphere...

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