L’Arctique, un enjeu international

Publié le 13.11.2020 - Article de Norbert Rouland du 07/10/2020 sur The Conversation France

Les signes de l’entrée de l’Arctique dans le jeu international apparaissent en 2007 : annonce par le premier ministre canadien de la construction d’un port en eaux profondes dans le passage du Nord-Ouest ; dépôt d’un drapeau russe à la verticale du pôle Nord ; annonce par l’Agence spatiale européenne d’un record historique de la fonte estivale de la banquise… En 2008, sur proposition de Michel Rocard, le Parlement européen appelle à la conclusion d’un traité sanctuarisant l’Arctique, initiative sans lendemain. Les États riverains de l’Arctique préfèrent gérer leurs affaires eux-mêmes. L’Arctique est, en effet, devenu un marché

En 2010, son produit régional brut représentait 443 milliards de dollars. Il devrait tripler d’ici à 2040. Environ 13 % des ressources pétrolières et 30 % des ressources gazières conventionnelles s’y trouveraient. Au Groenland, on commence à prospecter d’importants gisements d’uranium et de terres rares. Les États acteurs dans cette région représentent plus de 3,5 milliards d’habitants et 80 % du PIB mondial. Le réchauffement climatique ouvre, d’ici 10 à 20 ans, les perspectives d’un transport plus rapide que les itinéraires traditionnels.

En 2011, la Russie propose sans succès à la Chine un partenariat, la « Route de la soie sur la glace ». En 2017, la Chine emploie l’expression de « Route de la soie polaire ». Elle est prête à investir dans des infrastructures dans une optique multilatérale, impliquant non seulement la Russie, qui n’a pas les moyens financiers de réaliser la totalité des investissements, mais les huit pays de la région.

Les politiques arctiques des États

En 1987, Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev avaient voulu faire de l’Arctique une zone de paix. Les États-Unis se désengagent alors, au point de ne plus posséder aujourd’hui qu’un seul brise-glace digne de ce nom. Un vide stratégique apparaît.

Vont tenter d’en profiter surtout la Russie de Poutine (elle contrôle plus de 50 % des territoires de la zone), et la Chine dans une moindre mesure. Marquée par les progrès territoriaux de l’OTAN depuis la disparition de l’URSS, la Russie veut protéger son littoral arctique et contrôler le développement des nouvelles routes maritimes...

Lire la suite sur The Conversation France