L’élite de l’alpinisme militaire français à l’assaut du grand froid

Publié le 03.02.2020 - Actualité (par AFP) du 17/01/2020 sur Le Point

Non pas survivre mais maîtriser le grand froid. Ils seront douze à partir trois semaines au Groënland, en mars, pour donner à l’armée française des clés pour agir, y compris combattre, dans un Grand Nord chaque jour plus stratégique

Depuis début janvier et pour deux mois, le Groupe militaire de haute montagne (GMHM), l’élite de l’alpinisme militaire tricolore, prépare des membres du Groupement de commandos de montagne (GCM) pour une aventure ultime : vivre en autonomie dans le froid extrême et y parcourir 300 kilomètres avec une logistique minimaliste.

Car l’Arctique est une zone très convoitée. "De nouvelles routes de navigation sont rendues praticables par le recul de la couverture glacière", constate le ministère des Armées dans un récent document consacré au sujet. "Selon l’United States Geological Survey (2008), 30 % des réserves de gaz et 20 % des réserves de pétrole non encore découvertes dans le monde y seraient localisées".

L’équipe n’a donc rien d’une bande de pieds nickelés. Des athlètes de haut niveau, excellents alpinistes, dont certains affichent une solide expérience au combat. Ils reviendront avec des données précieuses pour l’armée de Terre. Du vécu, un avis sur la nourriture lyophilisée, une expérience sur les réactions physiologiques des femmes, qui y partent pour la première fois. Les limites, chez ces gens-là, sont faites pour être repoussées.

"Durs à l’effort"

Au Groënland, ils essaieront des kites, voiles utilisées à la façon d’un cerf-volant pour profiter à ski de la force du vent. Et aller jusqu’à six fois plus vite qu’à pied.

En attendant, ce jour-là, il suffit de monter deux heures en skis peaux de phoques pour atteindre un plateau enneigé face au mont Blanc. Le groupe, en treillis crème, monte un bivouac sur des consignes parfois très théoriques, dans l’atmosphère lénifiante du soleil alpin, à -5 degrés.

"On n’installe pas les tentes en cercle. Si un ours se retrouve au milieu, il va vouloir sortir et fera du dégât", prévient le capitaine Didier Jourdain, chef de l’expédition conjointe GMHM/GCM au Groënland...

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