La mission Tara Oceans révèle les variations de la biodiversité planctonique et son activité, de l’équateur jusqu’aux pôles

Publié le 25.11.2019 - Communiqué de presse du CNRS

De nouveaux résultats issus de la mission Tara Oceans, portée par une collaboration entre la Fondation Tara Océan et des scientifiques du CNRS, de l’EMBL, du CEA, de Sorbonne Université et de l’université Paris Science Lettres (PSL), montrent que la diversité et les fonctions des espèces planctoniques dans l’océan mondial changent radicalement, selon la latitude

Les premiers résultats de l’expédition Tara Oceans 2009-2013 avaient déjà fourni à la communauté scientifique une base solide, décrivant la variété de ces organismes planctoniques et leurs interactions, dans les régions tempérées et tropicales. Deux nouvelles études scientifiques — l’une dirigée par Lucie Zinger et Chris Bowler au CNRS et à l’ENS-PSL, et l’autre par Shinichi Sunagawa à l’ETH Zürich — toutes deux menées dans le cadre du consortium scientifique Tara Oceans, permettent désormais de franchir une étape supplémentaire en incorporant de nouvelles données issues de la navigation autour du Pôle Nord, réalisée en 2013. Ces jeux de données de séquençage et d’imagerie à l’échelle planétaire ont été développés au Génoscope (CEA, France), à la station biologique de Roscoff et à l’observatoire océanologique de Villefranche-sur-Mer (CNRS et université Paris Sorbonne).

Les résultats, publiés ce 14 novembre dans la revue Cell, montrent que les espèces planctoniques sont réparties de manière inégale et qu’elles sont susceptibles de s‘adapter différemment aux conditions environnementales entre l’équateur et les pôles. Ces résultats pourraient avoir d’importantes implications écologiques, environnementales et économiques si la température des océans devait dépasser un certain seuil.

Avec le tout récent Rapport Spécial du GIEC sur l’Océan et la Cryosphère, ces résultats apportent un éclairage supplémentaire sur les impacts du changement climatique sur la biodiversité marine. Comme le montre Claudet et al. (voir l’article One Earth également publié aujourd’hui), la science doit impérativement fournir des bases à la décision politique afin de mettre en oeuvre au plus vite des solutions concrètes et opérationnelles, ainsi que les transformations sociétales nécessaires à un modèle de développement durable applicable localement et mondialement. Ces objectifs doivent être une cible à la COP25 de décembre 2019, et au cours de la prochaine Décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques au service du développement durable.

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