La route de l’Arctique aiguise les appétits

Publié le 26.07.2019 - Article de Benjamin Quénelle du 01/07/2019 dans La Croix

La Russie veut faire des 4 000 km reliant le détroit de Béring à la mer de Kara un axe commercial entre l’Europe et l’Asie

Le Kremlin veut transformer ses eaux polaires en grand chantier économique. Avec comme projet phare la route du Nord, cette voie maritime qui, sur 4 000 km entre détroit de Béring et mer de Kara, longe les côtes polaires russes. Elle est devenue de plus en plus navigable grâce au réchauffement climatique et à la fonte des glaces.

L’ouverture de cette nouvelle voie commerciale se fera « dans un esprit de grande coopération internationale », promet Sergueï Ivanov, représentant du Kremlin pour le transport. « Nous avons des intérêts économiques à développer ensemble », ajoute cet homme d’influence de l’entourage du président Vladimir Poutine, interrogé par La Croix lors d’un récent forum à Saint-Pétersbourg.

80 millions de tonnes en 2025

Vladimir Poutine a fixé un objectif ambitieux  : un volume annuel de 80 millions de tonnes transportées d’ici à 2025 sur cette route polaire capable de réduire de 40 % le trajet entre Rotterdam et Shanghaï. Elle ouvrirait de prometteuses possibilités de transport entre Europe et Asie pour concurrencer la voie surchargée du canal de Suez. « Il y a dix ans, ce chiffre semblait inaccessible. Il s’agit maintenant d’une tâche réaliste, calculée et substantielle », s’est récemment félicité Vladimir Poutine. Autour de lui, les plus optimistes assurent même que l’objectif présidentiel sera dépassé, au-delà des 90 millions de tonnes.

L’accélération du réchauffement climatique va y aider. La hausse de la température moyenne permet déjà la circulation toute l’année dans cette zone, y compris l’hiver avec l’escorte de brise-glace russes dont les frais sont à la charge des armateurs. De juin à décembre, des navires équipés d’étraves renforcées sont désormais autorisés à naviguer seuls...

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