La "surprise" de Trump pour les 30 ans du GIEC

Publié le 04.04.2018 - D'après le Bulletin Veillest - Etats-Unis du 23/03/2018

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), fondé en 1988 par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), fête cette année son 30ème anniversaire. Pour l’occasion, sa 47ème assemblée s’est tenue au siège de l’UNESCO à Paris du 13 au 16 mars. Le choix du lieu n’était pas sans rappeler le rôle primordial joué par le GIEC pour mettre la science au service des négociations internationales sur le climat. C’est ce travail, visant à faire du savoir et de la connaissance les « éclaireurs universels de l’initiative collective », qu’a salué la Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Frédérique Vidal

Des avancées dans les connaissances scientifiques sur le changement climatique

Et pour cause, le GIEC a su s’imposer au fil des années comme un acteur central en proposant une évaluation toujours plus précise de « l’état actuel des connaissances en matière de changements climatiques ». En 1990, le premier rapport du GIEC affirmait que « les émissions dues aux activités humaines accroissent sensiblement la concentration dans l’atmosphère des gaz à effet de serre ». Moins de 25 ans plus tard, son cinquième rapport affichait un degré de certitude de 95% quant au fait que « depuis le milieu du XXe siècle, l’activité humaine est la cause principale du réchauffement ». En 2007, l’origine anthropique du changement climatique était encore qualifiée de « très probable », soit 90% de certitude.

Cette certitude croissante s’explique notamment par le développement des sciences du climat, dont le GIEC s’attache à rendre compte. Ainsi, son sixième rapport d’évaluation, prévu pour 2022, devrait faire la part belle aux attribution studies qui s’intéressent aux liens entre changement climatique et événements climatiques extrêmes. Le fait que le premier accroît la probabilité et l’intensité des seconds est établi. Cependant, un nouveau pas a été franchi récemment : des articles académiques publiés dans un numéro spécial du Bulletin of the American Meteorological Society (décembre 2017) suggèrent que des événements climatiques extrêmes n’ont pas seulement été influencés par le changement climatique, mais n’auraient pas eu lieu sans ce dernier...

Incertitudes autour du financement américain du GIEC

Pourtant, c’est dans un climat d’incertitudes quant aux moyens du GIEC pour poursuivre son action que s’est ouvert le sommet à l’UNESCO. Aussi, le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a tenu à manifester son attachement à cet organisme intergouvernemental, devenu « la conscience scientifique et intellectuelle de notre engagement politique à lutter contre cette menace sur l’avenir de notre planète et de ses peuples ». Joignant le geste à la parole, il a confirmé l’engagement pris par le président de la République que « pas un centime ne manque au GIEC pour fonctionner, avancer et continuer à éclairer nos décisions ». Ainsi, la contribution financière de la France s’élèvera à 1 million d’euros par an jusqu’en 2022, date de publication du sixième rapport d’évaluation.

Cet engagement intervient alors que la proposition de budget de la Maison Blanche pour l’année 2019 prévoit l’arrêt du financement du GIEC. Rendue publique en février, la requête budgétaire fédérale 2019 rappelle en effet la volonté du Président Trump de sortir de l’Accord de Paris et propose en conséquence de supprimer la Global Climate Change Initiative (GCCI)...

Lire l’article de Raphaël Ollivier-Mrejen dans le bulletin hebdomadaire de la Mission pour la Science et la Technologie de l’Ambassade de France aux Etats-Unis (Bulletin Veillest - Etats-Unis du 23/03/2018)