Le réchauffement climatique augmenterait la production de mercure en Arctique

Publié le 30.03.2021 - Article de Mathiew Leiser du 23/02/2021 sur Regard sur l'Arctique

Alors que de nombreux efforts sont déployés dans le monde afin de réduire les taux de mercure et de ses dérivés, les changements climatiques pourraient en augmenter la production et contribuer à sa propagation dans les eaux arctiques

Une étude de l’Université de Toronto réalisée dans le lac Hazen, l’un des lacs les plus septentrionaux du Canada, a montré que la production de méthylmercure – une neurotoxine organique dangereuse créée par des microbes qui métabolisent le mercure – était accentuée par la hausse des températures dans la région.

La présence de méthylmercure toxique dans les écosystèmes d’eau douce et les réseaux alimentaires de l’Arctique constitue notamment un potentiel problème de santé pour les populations autochtones du Nord.

« La pollution au mercure a diminué dans l’atmosphère », indique Igor Lehnherr, professeur adjoint de géographie à l’Université de Toronto à Mississauga et auteur principal de l’étude.

— « Nous prenons des mesures pour y remédier, mais les changements climatiques changent la donne, [car] il peuvent compromettre une partie des bénéfices de la réduction des émissions. »Igor Lehnherr, auteur principal

Les effets du climat sur les émissions de méthylmercure

L’activité humaine n’entraîne la production de méthylmercure que de façon indirecte.

La consommation de combustibles fossiles, l’exploitation minière et d’autres processus industriels libèrent du mercure non méthylé dans l’atmosphère. À mesure que le mercure se dépose dans les écosystèmes aquatiques, certains types de microbes le métabolisent pour former le méthylmercure, beaucoup plus dangereux.

On retrouve du méthylmercure dans l’Arctique où ses taux varient selon plusieurs facteurs. Ces facteurs comprennent les émissions industrielles, les précipitations, le nombre et l’activité des microbes, ainsi que les changements dans la glace de mer saisonnière.

L’étude, publiée dans le journal Environmental Science & Technology, montre notamment que les microbes producteurs de méthylmercure sont plus actifs dans les environnements plus chauds. Il y a donc une corrélation directe entre le réchauffement climatique et une toxicité accrue, avancent les auteurs...

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