Les joies du sport au Groenland

Publié le 06.08.2009

Une diminution générale de l’exercice physique engendre un nombre croissant d’enfants en surpoids. La promotion des activités physiques auprès de ces populations jeunes constitue un enjeu majeur de santé publique.

Si une activité physique, pratiquée régulièrement, contribue à diminuer l’excès de poids, elle a également des effets bénéfiques sur le bien-être physique et psychologique des jeunes. De plus, ce sont les enfants qui bougent qui ont les plus fortes chances de devenir des adultes actifs. Au Groenland, le programme national de santé publique recommande ainsi une heure d’activité physique modérée par jour.

Une enquête internationale de l’OMS sur l’évolution, depuis 1994, des comportements de santé des enfants scolarisés de 11 à 17 ans a été effectuée. Les auteurs de l’article se sont penché sur les données recueillies pour le Groenland.

Dans cette enquête, certaines questions étaient liées à la pratique physique :

  • Pratique modérée : combien de jours, dans la semaine écoulée, le jeune a-t-il été physiquement actif au moins une heure dans la journée ?
  • Pratique intensive : à quelle fréquence, et combien d’heures par semaine, le jeune pratique-t-il des activités physiques, jusqu’à en être essoufflé ou en nage ?
  • Période d’inactivité : quel temps le jeune passe-t-il en moyenne devant la télévision ou des jeux vidéos ?
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Jeune groenlandaise jouant au ballon
Photo : Ludovic Hirlimann Certains droits réservés - Licence Creative Commons

L’enquête a mis en lumière une tendance générale à l’augmentation de l’activité. Les enfants des deux sexes sont plus actifs avec l’âge, surtout autour de 15 ans. Néanmoins ceci concerne surtout les jeunes très actifs : en effet, seuls 30% environ des enfants de 11, 13 et 15 ans satisfaisaient, en 2002 et 2006, aux recommandations nationales.

Activité physique modérée et activité soutenue semblent en fait renvoyer à deux réalités distinctes : alors que la première fournit une image globale de l’activité, la seconde renvoie plutôt à une dimension de loisir, activité récréative ou hobby.

Durant la période étudiée, on assiste donc à une différenciation dans le niveau d’exercice physique parmi les jeunes, plutôt qu’à une réelle augmentation. Alors que le nombre d’enfants modérément actifs est resté sensiblement le même, une petite proportion, néanmoins croissante, des enfants des deux sexes s’est mise à pratiquer une activité de façon plus intensive ; le nombre d’enfants inactifs restant inchangé.

Un autre résultat notable concerne la répartition géographique des activités physiques intensives, le taux le plus important s’observant dans la capitale (Nuuk) et le moins élevé dans les villages. Cela va de pair avec d’autres comportements "négatifs" de santé propres au milieu rural du Groenland, spécialement les habitudes alimentaires. Les enfants dans les villages font partie le plus souvent de groupes socio-économiques moins favorisés, ce qui contribuerait à déterminer un faible niveau d’activité.

D’autres facteurs liés aux conditions de vie semblent favoriser une activité physique soutenue : des garçons actifs physiquement ont plus souvent une bonne réussite scolaire, s’estiment en bonne santé, passent plus de temps avec leurs amis en dehors de l’école, et sont moins souvent fumeurs, comparés aux enfants inactifs.

Le rôle décisif de l’école pour promouvoir les activités physiques est à souligner. Pour les enfants inactifs, les occasions d’exercice qui leur sont offertes à l’école constituent en effet la part principale de leur activité physique globale.

Laurent Panes, INIST-CNRS

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