Les taux de gaz à effet de serre dans l’atmosphère battent tous les records !

Publié le 04.02.2020 - Article du 25/11/2019 sur Futura (avec AFP-Relaxnews)

À chaque année qui passe, un triste record est battu, celui de la concentration des gaz à effet de serre dans notre atmosphère (CO2, méthane et protoxyde d’azote). En 2018, la concentration atmosphérique a dépassé les 470 parties par million (ppm) de CO2. Et la tendance n’est pas prête de s’inverser

L’ONU a tiré la sonnette d’alarme à quelques jours de la COP 25 de Madrid : les principaux gaz à effet de serre (GES) à l’origine du réchauffement climatique ont franchi de nouveaux records de concentration en 2018, et « aucun signe de ralentissement » n’est visible. D’après les scientifiques, le dioxyde de carbone (CO2), qui est associé aux activités humaines et constitue le principal gaz à effet de serre persistant dans l’atmosphère, a battu un nouveau record de concentration en 2018, à 407,8 parties par million (ppm). C’est 147 % de plus que le niveau préindustriel de 1750.

« Il n’y a aucun signe de ralentissement, et encore moins de diminution, de la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère malgré tous les engagements pris au titre de l’Accord de Paris sur le climat », a pointé le secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), Petteri Taalas, à l’occasion de la publication du bulletin annuel de l’OMM sur les concentrations de GES.

Le taux actuel de CO2 est le même qu’il y a 3 à 5 millions d’années

Ce rapport rend compte non pas des quantités de gaz à effet de serre qui sont libérées dans l’atmosphère mais de celles qui y restent, sachant que les océans absorbent environ le quart des émissions totales, tout comme la biosphère, dont font partie les forêts.

Selon Petteri Taalas, la dernière fois que la Terre a connue des concentrations semblables, c’était il y a trois à cinq millions d’années. La température était de 2 °C à 3 °C plus élevée et le niveau des océans plus hauts de 10 à 20 mètres.

De plus en plus de méthane et de protoxyde d’azote en 2018

En 2018, l’augmentation annuelle de la concentration de CO2 est d’autant plus inquiétante qu’elle est supérieure au taux d’accroissement moyen des dix dernières années. Et le constat est le même pour les concentrations de méthane (CH4) et de protoxyde d’azote (NO) dont la part d’émission humaine représente, respectivement, 60 % et 40 %. Ces gaz ont un rôle important dans la destruction de la couche d’ozone qui nous protège des rayons nocifs du Soleil.

Face à l’urgence climatique, les pays se sont engagés à Paris en 2015 à appliquer des plans de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, mais les émissions mondiales ne cessent d’augmenter.

Petteri Taalas a appelé les pays à traduire leurs « engagements en actes et revoir à la hausse (leurs) ambitions dans l’intérêt de l’humanité ».

Les quatre plus importants émetteurs de gaz à effet de serre — Chine, États-Unis, Union Européenne et Inde — représentent 56 % des émissions mondiales. Seule l’UE (9 % du total des émissions de gaz à effet de serre mondiales) est en passe de remplir, et même dépasser, ses objectifs, selon une récente étude de l’ONG américaine Fondation écologique universelle (FEU-US).

Lire l’article sur Futura