Narval

Publié le 30.07.2007

Le narval, également appelé « licorne des mers » du fait de sa longue corne d’ivoire torsadée, est un mammifère marin de l’ordre des cétacés qui vit exclusivement dans l’océan Arctique.

Nom scientifique : Monodon monoceros

Appartenant au sous-ordre des odontocètes (ou cétacés à dents), cette baleine des mers arctiques est facilement reconnaissable à sa longue défense en spirale. Celle-ci provient d’une excroissance de l’incisive supérieure gauche qui, après avoir traversé la lèvre supérieure du cétacé, peut atteindre trois mètres de long. De ce fait, cette défense, portée presque exclusivement par les mâles (dans de très rares cas par des femelles), se rencontre parfois au nombre de deux chez certains individus pour qui la dent supérieure droite forme aussi une protubérance.

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Narvals
Crédit photo : Glenn Williams
Source : National Institute of Standards and Technology sur Wikimedia Commons

La fonction de cette défense demeure mal connue. Les scientifiques s’accordent à penser que ce n’est pas un organe de combat, mais plus vraisemblablement un organe de parade permettant d’établir une hiérarchie sociale dans le groupe, en même temps qu’un organe sensoriel du fait de sa structure inhabituelle : cette structure dentaire, inverse de celle habituellement rencontrée, est composée d’un cœur de tissus durs entouré d’une pulpe plus molle (capable d’absorber les chocs), traversée par plus de dix millions de trajets nerveux reliant directement l’extérieur de la défense au cerveau de l’animal. Le narval serait ainsi équipé d’un étonnant capteur, ultrasensible à de faibles variations environnementales de température, de pression, de salinité ; un outil précieux pour sa survie (choix des meilleurs sites de nourriture, connaissance de son environnement lui permettant d’échapper à un emprisonnement dans les glaces).

Si l’on peut rencontrer des narvals dans tout l’océan Arctique, l’essentiel de la population vit dans la baie d’Hudson et la baie de Baffin.

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Zones d’hivernage des narvals en baie de Baffin
Crédit : Avec l’aimable autorisation de Kristin Laidre
Source : National oceanic and atmospheric administration

En été, ce cousin du béluga demeure près des côtes, dans des eaux peu profondes, tandis qu’en hiver, il préfère les zones de haute mer, recouvertes de banquise dense, milieu auquel il serait adapté, notamment en raison d’une absence de nageoire dorsale. Ce mode de vie explique que les variations saisonnières de la banquise conditionnent ses mouvements de migration annuelle. En baie de Baffin par exemple, dès le début de l’automne, le narval quitte ses lieux d’estivage, littoraux du haut Arctique canadien et de l’ouest du Groenland, pour rejoindre après plusieurs milliers de kilomètres, en direction du sud, plusieurs sites d’hivernage au sud de la mer de Baffin et dans le détroit de Davis, selon des trajets bien établis auxquels il demeure fidèle année après année. A cette occasion, il se regroupe en grandes colonies, alors qu’il vit habituellement en petits groupes de 20 à 30 individus.

A l’inverse des autres baleines subarctiques, ce superprédateur se nourrit peu en été mais intensément en hiver. Pendant les six mois d’hivernage passés dans les eaux profondes loin des côtes, le narval plonge une vingtaine de fois par jour à des profondeurs d’au moins 800 mètres, afin de pouvoir chasser ses proies benthiques (des fonds marins) favorites. Ces plongeons dépassent même, pour la moitié d’entre eux, les 1 500 mètres et peuvent durer jusqu’à 25 mn dans des zones d’obscurité complète, d’intense pression subaquatique et dépourvues d’oxygène, requérant une adaptation spéciale de ce cétacé pour survivre dans de telles conditions.

La population mondiale de narvals est mal connue. On évalue entre 60 000 et 80 000 le nombre d’individus, mais ces chiffres sont très probablement sous-estimés, car les mesures se font uniquement à partir de relevés sur les grandes aires d’estivage ou d’hivernage et ne tiennent pas compte des petits groupes isolés du reste de l’Arctique.

Néanmoins cette espèce est considérée comme menacée, notamment en raison de la chasse pratiquée par les Inuits de l’Arctique canadien et du Groenland pour qui la peau et la graisse du narval - maqtaq pour les Inuits canadiens - riches en vitamine C, ainsi que sa viande, font partie de l’alimentation traditionnelle. Le narval est en outre chassé pour l’ivoire de sa corne à laquelle on prête des vertus aphrodisiaques.

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