Passage de l’Arctique : la ruée vers l’abîme

Publié le 12.07.2019 - Emission "Les Nouvelles de l'éco" du 28/05/2019 par Arjuna Andrade sur France Culture

La fonte des glaces au pôle Nord, causée par le réchauffement climatique, ouvre de nouvelles voies de passage et des perspectives d’exploitation des ressources en hydrocarbures

La route de l’Arctique attise de plus en plus de convoitises avec l’accélération de la fonte des glaces. Un espace particulièrement stratégique puisque le réchauffement climatique, deux fois plus rapide aux pôles, y ouvre de nouvelles voies pour la navigation. Un passage désormais praticable tout au long de l’année et qui permet de réduire considérablement les trajets. Près de vingt jours de moins pour les navires reliant l’Asie à l’Europe, obligés jusqu’à présent, de passer par le Canal de Panama.

Une opportunité qui n’a bien entendu pas échappé aux puissances de la région, à commencer par la Chine, qui a désigné ces « routes polaires de la soie » comme une des priorités de sa conquête économique et commerciale.

Sans être un État du cercle polaire, la Chine s’investit donc chaque jour un peu plus dans la région. Elle a ainsi, depuis 2013, le statut d’Etat observateur au Conseil de l’Arctique et s’est rapproché ces derniers temps de son voisin russe afin de s’associer à l’exploitation imminente de la banquise.

Il faut dire que la Russie s’est déjà largement investie dans cette zone, revendiquant le statut de principale puissance polaire. Vladimir Poutine a ainsi annoncé sa volonté de multiplier par quatre le trafic de fret transitant par la voie polaire d’ici à 2025. Et lors du forum de l’Arctique, qui se tenait il y a quelques semaines à Saint Pétersbourg, le président Poutine a rappelé que l’Arctique concentrait 10% des investissements de la Fédération et réaffirmé sa volonté d’amplifier encore la présence de son pays dans la région...

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