Russie : une “décharge nucléaire” menace l’océan Arctique

Publié le 01.03.2021 - Article de Yohan Demeure du 25/01/2021 sur SciencePost

Bordant l’océan Arctique, la mer de Kara en Russie renferme une vingtaine de sous-marins et réacteurs nucléaires de l’époque soviétique. Aujourd’hui, la Russie désire régler la situation, mais cette décharge nucléaire représente de plus en plus un risque pour les eaux arctiques

La décharge nucléaire russe de l’Arctique

Ce n’est pas un scoop : l’Union soviétique (1922-1991) a abondamment utilisé la mer de Kara comme une décharge nucléaire. Comme l’explique Popular Mechanics le 17 janvier 2021, une quinzaine de réacteurs nucléaires gisent en fond de cette mer. À cela, il faut ajouter au moins quatre sous-marins nucléaires, ayant subi des attaques ou des accidents. L’Association Générale des Amicales de Sous-Mariniers (AGASM) expliquait dans un article publié en juillet 2020 que via la société d’État Rosatom, la Russie travaille actuellement sur un navire dont la mission sera de récupérer ces sous-marins nucléaires. Toutefois, ce navire ne devrait pas arriver avant 2032.

Or, le fait est que ces sous-marins génèrent un million de curies, soit 3,7 x 1010 becquerels. Lorsque l’on y ajoute les autres déchets nucléaires présents dans la zone, on obtient un rayonnement 6,5 fois plus important que celui libéré à Hiroshima (Japon) en 1945.

Une situation très compliquée

Citons l’exemple du Komsomolets, ayant sombré au large de la mer de Barents en 1989. Vingt ans plus tard, une expédition russo-norvégienne y a mesuré des taux de radioactivité atteignant 800 becquerels par litre d’eau. Or, ce taux est 800 000 fois supérieur à la normale. Ce bâtiment renferme en outre deux ogives nucléaires de 3 kg chacune remplies de plutonium, un matériau que la corrosion de la coque risque de décomposer...

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