Une acidification de l’océan Arctique plus importante que prévu

Publié le 17.06.2020 - Actualité du CNRS-INSU du 17/06/2020

L’océan mondial ralentit la vitesse à laquelle le dioxyde de carbone (CO2) augmente dans l’atmosphère en absorbant un quart des émissions anthropogéniques de carbone. Mais cette absorption conduit à une acidification de l’eau de mer qui menace de nombreuses espèces marines. Or, cette menace sur les écosystèmes marins est particulièrement sévère dans l’océan Arctique, à cause de ses températures froides et de l’accélération de la fonte de la banquise qui conduisent à une forte dissolution du CO2 dans les eaux de surface

Des chercheurs ont étudié l’acidification future de l’océan Arctique en appliquant une nouvelle technique d’analyse des simulations climatiques, « l’analyse par contrainte émergente » qui permet de réduire les incertitudes sur les projections climatiques en sélectionnant les modèles reproduisant le mieux certaines caractéristiques observées aujourd’hui. Ils ont ainsi pu mettre en évidence une relation entre la densité des eaux de surface de l’Arctique et son acidification future : les modèles simulant une densité des eaux de surface importante – et plus proche de la réalité – conduisent à une formation plus intense des eaux profondes arctiques, un transport plus élevé du CO2 vers les profondeurs et une acidification accrue.

Ainsi, l’étude montre que l’acidification future de l’Arctique serait plus importante que projetée par la plupart des modèles climatiques. Dans un scénario où le CO2 continuerait à augmenter au cours du XXIe siècle, l’océan Arctique pourrait en absorber 12 % de plus que dans les estimations actuelles. Cela conduirait à une plus grande acidification, en particulier entre 200 et 1 000 mètres de profondeur, zones de vie importantes pour de nombreux organismes marins.

Ces résultats suggèrent que le milieu marin arctique pourrait être encore plus hostile aux organismes sensibles à l’acidification, comme le phytoplancton, les mollusques et les crustacés, avec des effets négatifs sur l’ensemble de la chaîne alimentaire.

Lire l’actualité sur le site du CNRS-INSU, ainsi que le communiqué du 17/06/2020 paru sur la Tribune de Genève

Voir aussi l’actualité du 16/06/2020 également parue sur le site du CNRS-INSU