Une nouvelle espèce de cheval fossile découverte en Sibérie

Publié le 02.02.2012

Dans une grotte de Sibérie ont été découverts les restes d’un cheval appartenant à une nouvelle espèce.

Une chercheuse française du Muséum national d’Histoire naturelle [1] et un chercheur russe de l’Académie des Sciences de Russie viennent de découvrir une nouvelle espèce de cheval fossile. Il s’agit d’Equus (Sussemionus) ovodovi (Mammalia, perissodactyla), exhumé dans la grotte Proskuriakova, située dans la région de la Khakassie (sud-ouest de la Sibérie).

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Cheval de Przewalski
C’est lui ou l’un de ses proches cousins que l’on retrouve sur les peintures rupestres des grottes de Lascaux.
Crédit photo : JMDN
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La découverte consiste en un assemblage de dents provenant des mâchoires supérieure et inférieure, d’une portion du palais, de fragments de métacarpiens et de métatarsiens. Les dépôts dans la grotte Proskuriakova ont été datés à l’aide de la technique du carbone 14 et le résultat indique que ce cheval vivait il y a environ 40 000 ans, ce qui correspond au Pléistocène supérieur (-120 000 ans à -10 000 ans). Dans un premier temps, ces restes ont été attribués à l’espèce Equus hydruntinus Stehlin & Graziosi, 1935 ; mais lorsque des analyses biomoléculaires ont été réalisées, elles infirmèrent ce résultat. En effet, non seulement cet équidé n’appartient pas à E. hydruntinus mais il n’appartient à aucun groupe actuel connu.

Des études complémentaires ont démontré des caractères dentaires très originaux et très spécifiques qui amenèrent les chercheurs à rattacher ce cheval au sous-genre Sussemionus Eisenmann, 2010. Aux dires des chercheurs, ces caractères qui se rencontraient communément durant le Pléistocène moyen (-700 000 ans à -120 000 ans) sont rarissimes chez les Equus actuels et ils étaient jusqu’à présent inconnus au Pléistocène supérieur. Ce sous-genre était en effet considéré comme éteint depuis le Pleistocène moyen.

Cette découverte inattendue permet de retarder de plusieurs milliers d’années la disparition du sous-genre Sussemionus Eisenmann, 2010 et de créer une nouvelle espèce d’équidés, complétant ainsi la phylogénie [2] des chevaux du Pléistocène.

Ludovic Hamiaux, INIST-CNRS

[1]Unité mixte de recherche comportant des personnels du CNRS - Centre de recherche sur la paléobiodiversité et les paléoenvironnements - UMR7207.

[2]La phylogénie correspond à l’étude des origines évolutives d’un groupe d’espèces établie par diverses méthodes, notamment la comparaison des ADN qui permet de connaître le degré de parenté génétique de deux lignées (Dictionnaire encyclopédique de l’écologie Ramade - 1993). Voir aussi la rubrique Phylogénie dans Wikipédia.

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