Le loup gris a dû changer son régime pour survivre à la période glaciaire

Publié le 11.05.2021 - Article de Radio-Canada du 13/04/2021 sur Regard sur l'Arctique

Les proies principales du loup gris ont évolué sur des milliers d’années, un changement de régime alimentaire qui lui a permis de survivre à l’extinction des espèces de l’ère glaciaire, il y a environ 11 700 ans

De nos jours, le loup gris (Canis lupus) est l’un des plus gros prédateurs de la forêt boréale et de la toundra du Yukon. Il y cohabite avec deux de ses principales sources de nourriture : le caribou et l’orignal.

Mais les travaux menés par la paléontologue Danielle Fraser et Zoe Landry, du Musée canadien de la nature, révèlent que cela n’a pas toujours été le cas. Pendant le Pléistocène, le loup était plutôt friand de chevaux.

Pour l’établir, les chercheuses ont analysé les indices laissés sur les dents et les os crâniens de loups gris anciens (datant de 26 000 ans à 50 000 ans) et de ceux d’aujourd’hui.

L’équipe de recherche a analysé 31 crânes datant du Pléistocène et 17 autres plus récents collectés au Yukon et conservés dans les collections du Musée et de celles du gouvernement du Yukon.

« On peut étudier les changements de régime alimentaire chez le loup en examinant les motifs d’usure des dents et les traces chimiques présentes dans les os », explique Zoe Landry. « Ces indices nous renseignent énormément sur la façon de se nourrir de l’animal et sur ce qu’il mangeait tout au long de sa vie jusqu’à environ quelques semaines avant sa mort ».

Des modèles permettent de déterminer les comportements alimentaires des animaux à partir des motifs d’usure microscopiques des dents. « Les éraflures indiquent une consommation de viande fraîche, alors que la présence de creux laisse croire que l’animal a mâché et rogné des os, comme un charognard », expliquent les scientifiques dans un communiqué publié par le Musée.

L’analyse des données recueillies a révélé que les éraflures dominaient tant chez les anciens loups que chez les modernes. « Les loups ont donc survécu en restant des prédateurs primaires et en continuant de chasser leurs proies », estiment les auteurs de cette étude publiée dans la revue Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology...

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